Tremblement de terre !
La région de Nador-Al Hoceima vit au rythme des secousses telluriques.
La région de Nador-Al Hoceima vit au rythme des secousses telluriques. Le 25 janvier courant, à 04h 22min, une secousse d’une magnitude de 6,3 degrés sur l'échelle de Richter est survenue dans la région, avec un épicentre situé au large de Nador. Cette secousse a été suivie par trois autres répliques, dont une de magnitude 5,3 et deux de magnitude 5,5 enregistrées entre 04h 34min et 06h 10min. Un peu plus tard dans la même journée, c’est-à-dire à 14h 52min, une autre secousse de magnitude 4,9 degrés sur l’échelle de Richter, a eu lieu au large de Nador, selon l'Institut national de géophysique, relevant du Centre national pour la recherche scientifique et technique (CNRST). Elles seront suivies de deux autres secousses : l’une (3,8 degrés) le même jour à 16h02 min, et l’autre (4,7 degrés), le mercredi 27 janvier, à 6h 32min.
Quelques jours auparavant, précisément le 21 janvier vers 13h 57min, Nador avait déjà vibré par la force d’une secousse de 3,4 degrés.
Ces secousses à répétition rappellent forcément de mauvais souvenirs, particulièrement le tremblement de terre qui a secoué, en 2004, Al Hoceima, faisant 629 morts et plus de 900 blessés. Elles rappellent surtout que le Maroc prête inexorablement le flanc aux catastrophes naturelles : en novembre 2014, les précipitations exceptionnelles dans certaines régions du Royaume ont causé le décès de 36 personnes.
Au-delà de ces constats, il semble légitime de se demander que fait l’Etat dans le cadre de la prévention et de la gestion de tels risques. L’on sait seulement que le Maroc a mis en place un outil d’analyse (Analyse probabiliste des risques de catastrophes naturelles au Maroc), qui fait suite à l'élaboration d'une vision pour une gestion intégrée des risques à laquelle la Banque mondiale a apporté son soutien technique et financier. Cet outil permet d’évaluer l'impact des risques sismiques, d'inondations, de tsunamis, de sécheresses et de glissements de terrain au Maroc. Il s’agit aussi de déterminer avec assez de précision le degré d'exposition des secteurs au niveau de la région, de la province et des communes.
Par ailleurs, le Royaume a mis en place un fonds de prise en charge des risques doté de 2,5 milliards de DH. Ce fonds, qui profite à pas moins de 400 communes, pourrait, en cas de nécessité, être porté à 3,5 milliards de DH.
Malgré ces initiatives, l’Etat est, dans la conscience collective, plus dans la réaction que dans la prévention. Car la plupart de ces mesures ont été prises après la survenance d’un drame majeur ou de faits qui ont suscité une forte émotion auprès de l’opinion publique. Aujourd’hui, parle-t-on encore du projet de loi sur les catastrophes naturelles ? Que nenni. Il a subitement disparu de la circulation depuis plusieurs années. Un jour, peut-être, il sera de nouveau au goût du jour.
En attendant, je vous livre quelques chiffres: selon les données publiées chaque année par le réassureur allemand Munich Ré, en 2015, les catastrophes naturelles dans le monde ont coûté la vie à 23.000 personnes (vs 7.700 décès en 2014) et causé des dommages qui s’élèvent à 90 milliards de dollars (vs 110 milliards de dollars en 2014).





