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Editoriaux

Sahara marocain : Transformer l’essai diplomatique

A 24 heures du 31 octobre 2026, date d’expiration du mandat de la MINURSO, le dossier du Sahara revient au premier plan au Conseil de sécurité.

FOPar F.Z Ouriaghli
|Publié le 30 Octobre 2026 à 20:00
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Sahara-marocain

Pour le Maroc, cette échéance intervient un an après l’adoption de la résolution 2797, qui a conforté la place de son plan d’autonomie dans la recherche d’une solution politique. Rabat doit désormais convertir cette dynamique diplomatique en avancées concrètes. Et ce, à travers deux exigences : consolider ses acquis internationaux et leur donner une traduction politique. Car une dynamique favorable, aussi solide soit-elle, ne règle pas à elle seule un différend. Elle crée les conditions de son règlement.

C’est tout l’enjeu de l’étape qui se joue aux Nations unies. Certes, le rapport de force est favorable à Rabat, mais il faut se garder de toute lecture triomphaliste. Car les grandes puissances restent guidées par leurs intérêts et leurs propres échéances. Leurs positions sur le Sahara s’inscrivent dans cet ensemble mouvant. Aucun soutien ne dispense donc de poursuivre les efforts diplomatiques.

Le Maroc aurait ainsi tort de suspendre ses attentes à une déclaration américaine, une inflexion chinoise ou une abstention russe. Washington compte, évidemment. Paris aussi. Mais, et Rabat le sait mieux que quiconque, la force d’une diplomatie repose aussi sur sa capacité à multiplier ses appuis sans devenir tributaire d’un seul. Dès lors, maintenir un dialogue avec des puissances qui s’opposent entre elles constitue un atout, à condition de conserver une ligne lisible.

Cette ligne doit maintenant gagner en précision sur le terrain institutionnel. Le plan d’autonomie porte une ambition politique, mais il faut pouvoir en expliciter les mécanismes. Quelles compétences pour les institutions locales ? Quelles ressources propres ? Quelles garanties de représentation, de responsabilité et de contrôle ? Quelle articulation entre les prérogatives de l’Etat et celles des organes élus ?

Ces questions donnent au projet sa portée concrète. Une autonomie convainc aussi par ce qu’elle permet aux populations de décider et d’administrer. La crédibilité du dispositif dépendra de la manière dont il conciliera l’unité nationale et l’exercice effectif des responsabilités locales.

Reste la négociation. Il faudra des interlocuteurs disposés à discuter du contenu, formuler des propositions et assumer des compromis. L’Algérie ne peut durablement peser sur ce dossier tout en se tenant à distance des responsabilités qu’impliquerait son règlement. La participation au dialogue doit, ainsi, se traduire par des actes concrets.

Quant au Maroc, fort de ses acquis diplomatiques, il dispose d’une marge de manœuvre pour faire avancer le dialogue. Cette position renforce la portée de sa main tendue. Encore faut-il inscrire cette ouverture dans la durée, y compris lorsque les réponses tardent ou prennent la forme d’une nouvelle manœuvre dilatoire. Le prochain rendez-vous onusien sera donc une étape décisive. Sa portée dépendra des perspectives qu’il ouvrira : remettre les parties autour de la table, préciser les contours d’un accord et obtenir des engagements concrets.

Les voix favorables compteront, mais le véritable progrès sera de relancer un processus trop longtemps enlisé. Pour la diplomatie marocaine, l’enjeu est désormais de donner une traduction politique aux soutiens obtenus. Elle dispose d’atouts pour peser sur la suite des discussions. Il lui revient de les mobiliser pour rapprocher la perspective d’un règlement durable de ce conflit artificiel.



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