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Sahara marocain : Vers un tournant politique à l’ONU ?

A l’approche de l’échéance onusienne du 31 octobre, le dossier du Sahara marocain connaît une nouvelle séquence diplomatique. Mohamed Belmir, politologue, analyse les intentions américaines, les évolutions envisagées pour la Minurso et les perspectives d’un règlement fondé sur l’autonomie sous souveraineté marocaine.

CJPar Charaf Jaidani
|Publié le 30 Octobre 2026 à 15:00
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Finances News Hebdo : L’évolution du dossier du Sahara marocain à l’ONU s’accélère ces derniers temps en prévision de la résolution qui sera adoptée le 31 octobre 2026. Quelle est votre analyse ?

Mohamed Belmir : A l’approche de la date fatidique du 31 octobre 2026, une copie de la résolution qui sera livrée pour le vote final du Conseil de sécurité a été dévoilée. Elle révèle plusieurs dispositions qui font une rupture avec le passé.

Le plus important est que les Etats-Unis veulent clore le conflit et aboutir à un accord final. Omar Hilal, ambassadeur du Maroc à l’ONU, a tout résumé : grâce à la résolution 2797, l’ONU passe de la logique de gestion à celle de résolution.

Il faut rappeler que l’initiative onusienne fait suite aux pressions des États-Unis qui sont le principal contributeur des missions de la paix dans le monde. Partant du fait que ces missions ont trop duré et ont un coût budgétaire conséquent sans pour autant donner les effets escomptés, Washington veut les réduire et les réformer. Pour ce faire, les USA cherchent à accélérer la résolution des conflits. Les restrictions budgétaires américaines ont poussé l’ONU à entreprendre elle aussi des coupes budgétaires de ces missions en réduisant leur effectif et en révisant leurs attributions. La Minurso est la première concernée par cette décision. Washington propose de mettre fin à sa composante militaire et de basculer vers une approche politique.

F. N. H. : Quel est votre avis sur la copie de la résolution de l’ONU ?

M. B. : La mouture proposée par les Etats-Unis, qui sont le porteplume du Conseil de sécurité, sera fort probablement retenue le 31 octobre 2026. Elle conforte la position du Maroc et contredit ses détracteurs. Elle fera certainement l’objet de quelques modifications sans pour autant changer l’esprit de la mouture initiale.

Dans son article 9, la résolution onusienne affirme que le plan d’autonomie sous souveraineté marocaine proposée par le Royaume est la seule option réaliste et réalisable pour résoudre le conflit. C’est un grand acquis pour le Maroc. On peut dire que c’est le début de la fin de la bataille diplomatique que notre pays a livrée pendant des années aux Nations-unies.

La résolution comprend également un changement des attributions de la Minurso, passant d’une mission pour l’organisation du Référendum au Sahara marocain à une mission de surveillance du processus politique au Sahara marocain (Minuso), en prévision de l’instauration du plan d’autonomie.

F. N. H. : Qu’en est -il des réfugiés des camps de Tindouf ?

M. B. : La future résolution que l’ONU sur le dossier du Sahara marocain comporte un fait nouveau de taille. Il est relatif au recensement des réfugiés dans les camps de Tindouf que le Maroc a toujours sollicité. Cette disposition impose à l'Algérie d’assumer ses responsabilités, comme le stipule la convention de Genève, car elle refusait toute opération de ce genre comme le veut le haut-commissariat des Nations unies des Réfugiés (HCR). La problématique majeure de cette population est qu’elle est hétérogène. Elle est composée pour la plupart de personnes qui ne sont pas originaires de la zone du conflit, à savoir Laâyoune et Oued Eddahab.

L’Algérie se résigne à la réalité et s’identifie actuellement comme une partie concernée par le conflit. Il lui incombe de trouver une issue favorable pour ses réfugiés. La Mauritanie reste dans une neutralité plus ou moins positive et espère un apaisement de ses frontières. Le règlement du conflit sera bénéfique pour toute la région de l’Afrique du Nord.

F. N. H. : Le polisario veut se retirer de l’ensemble du processus de paix que mène l’ONU au cas où l'option de l’autonomie sous souveraineté marocaine est adoptée. Quel risque peut présenter cette menace ?

M. B. : Le Polisario ne peut mener aucune action sans l’aval de l’Algérie. C’est elle qui l’héberge, qui le finance et qui lui apporte tout le soutien politique et logistique nécessaire. C’est elle qui lui dicte ce qu’il faut faire. L’affaire du Sahara marocain est le principal dossier dans l’agenda de la diplomatie algérienne pour lequel le régime en place mobilise toutes ses ressources et ses efforts. Cette milice joue toutes les cartes possibles pour faire pression sur l’ONU et infléchir ses décisions. Elle affronte une colère sans précédent dans les camps. Des voix s’élèvent pour critiquer sévèrement les chefs du polisario, estimant que toute solution qui n’aboutit pas à l’indépendance est un échec cuisant.

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