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Pour le café

RFPar Rédaction FNH
|Publié le 5 Mai 2016 à 12:29
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Le PJD avait promis, au moment de briguer la Primature, de lutter farouchement contre la corruption.

Le PJD avait promis, au moment de briguer la Primature, de lutter farouchement contre la corruption. Il l’a fait. Ou, du moins, il a jeté les bases pour essayer de tenir sa promesse… à quelques mois de la fin de sa légis-lature. Mardi, le gouvernement a, en effet, annoncé le lancement officiel de la Stratégie nationale de lutte contre la corruption. Un chantier vaste, qui nécessitera une enveloppe globale de 1,8 Md de DH. Un chantier long aussi, tant ce phéno-mène gangrène les affaires. Raison pour laquelle le gouvernement s’est donné dix ans pour mener à bien ce chantier. Une décennie pour se refaire une bonne image et ten-ter d'obtenir une note de 60 sur 100 pour l'indice de perception de la cor-ruption, gagner 20 rangs dans le classement Doing Business, et remonter enfin de 25 places dans l'indice de compétitivité publié annuellement par le Forum économique mondial. C’est ambitieux et volontaire. Surtout, cette stratégie, qui se déroulera en trois étapes (2016-2017, 2017-2020 et 2020- 2025), semble bien ficelée pour en garantir la réussite. Elle est de ce fait déclinée en 16 axes et 239 projets, et est composée de dix programmes coordonnés par les ministres et les présidents des instances concernées. Faut-il pour autant être optimiste ? Les évaluations prévues au terme de chaque étape nous éclaireront certainement sur la pertinence de la démarche gouvernementale. Néanmoins, il semble difficile de croire qu’une décennie suffira pour éradiquer subs-tantiellement ce phénomène si bien ancré dans la société marocaine. Ancré au point d’être banalisé. Tellement ancré dans la conscience collective que, par exemple, donner «un petit billet pour le café» pour bénéficier d’un service public auquel l’on a légitimement droit est devenu «normal» et n’est même plus assimilé à de la corruption. C’est dire que pour combattre la corruption, les mesures prises par le gouvernement ne doivent pas être par-tielles, encore moins partiales. Elles doivent cibler tant les corrupteurs que les corrompus.

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