LÉGITIMITÉ HISTORIQUE
Le Maroc maintient la cadence sur le front africain, dans l’optique de multiplier encore davantage ses partenaires.
Dans ce cadre, le Souverain devrait entamer une nouvelle tournée dans le continent. Si rien d’officiel n’était annoncé au moment où nous mettions sous presse, les premières indiscrétions laissent savoir que le Roi pourrait se rendre, entre autres, au Ghana et en Zambie. D’ailleurs, la Confédération générale des entreprises du Maroc est déjà partie au Ghana où s’est tenu, lundi, un forum économique qui a réuni les opérateurs des deux pays. Objectif : booster les relations bilatérales, d’autant que les échanges ne dépassent guère 67 millions de dollars.
Si cette tournée royale aura une dimension économique importante, il n’en demeure pas moins vrai qu’elle revêtira, surtout, une coloration politique soutenue. Rappelons, en effet, que cette visite du Souverain dans le continent intervient quelques jours avant la tenue, à Addis-Abeba, du Sommet de l’Union africaine. Un Sommet aux enjeux très importants pour le Royaume qui a manifesté sa volonté de retrouver sa place naturelle et légitime au sein de sa famille institutionnelle continentale. D’ailleurs, c’est sous cet angle qu’il faut apprécier la nature des travaux du Conseil des ministres qui a eu lieu le 10 janvier courant à Marrakech, sous la présidence du Roi : ils ont été consacrés à l’adoption de la loi relative à l’acte constitutif de l'Union africaine signé le 11 juillet 2000 à Lomé et du protocole additionnel, ainsi que du projet de loi portant approbation de la loi précitée. Dans la foulée, le Souverain a insisté sur la nécessité d’accélérer la procédure juridique relative à l’approbation de l’acte constitutif de l’UA, y compris son adoption par les deux chambres du Parlement. C’est dire tout l’intérêt politique de ce Sommet qui, certainement, monopolisera les attentions.
Une chose est sûre : le Maroc a, plus que tout autre pays, la légitimité historique pour reprendre sa place naturelle au sein de l’UA. Au regard de son rôle éminemment important dans la consolidation des relations économiques sud-sud, qui lui confère d’ailleurs le rang de deuxième investisseur sur le continent africain. Au regard aussi de son engagement politique pour une Afrique stable. Au regard de tant d’autres choses, comme sa politique migratoire... Ce n’est donc pas pour rien que le Royaume est devenu l’interlocuteur privilégié de maints pays africains.





