Futurs bacheliers
C’est reparti pour le baccalauréat ! Du 9 au 11 juin courant, ils sont exactement 507.413 élèves à se triturer les méninges pour décrocher le fameux sésame qui leur ouvrira la voie à l’université, voire à un établissement privé d’enseignement supérieur.
Histoire de passer du statut d’élève à celui d’étudiant. Ils sont plus nombreux (+2,9%) à briguer le diplôme du bac cette année, avec une majorité provenant de l’enseignement public (307.825 candidats) et des candidatures libres qui s’élèvent à 170.638. Dans ce sprint final, les filles sont bien représentées, constituant 42,2% de l’effectif global, soit 217.750 candidates.
Tous ces candidats sauront s’ils ont eu le fameux sésame le 24 juin, date de l’annonce des résultats de la session. D’autres iront à la session de rattrapage, du 7 au 9 juillet, et connaîtront leur «sort» le 18 juillet.
Pour autant, les moments de jubilation ou de tristesse, qui sanctionnent chaque année la proclamation des résultats, et les cas de fraudes, qui seront dénoncés, ne peuvent faire oublier l’essentiel : le futur de ces jeunes bacheliers. Quand une minorité (aisée) foulera les bancs de l’enseignement supérieur privé, voire s’exilera dans de prestigieuses universités à l’étranger, la grande majorité ira grossir le rang des universités publiques qui, malheureusement, ne sont plus ce qu’elles étaient. Au point que, désormais, le système actuel de l’enseignement public est qualifié, à tort ou à raison, de «fabrique à chômeurs». Positionnant, d’emblée, l’enseignement privé comme une alternative (très onéreuse) face à la faillite du public.
Le parti au pouvoir, alors qu’il battait campagne lors des législatives, avait pourtant promis de faire de la formation de qualité dans le public l’une de ses priorités, tout en dénonçant le fait que le pouvoir d’achat des familles marocaines soit substantiellement rogné par la scolarisation des enfants dans le secteur privé. Après les paroles, les actes, dit-on. Néanmoins, depuis, rien n’a vraiment changé, si ce n’est la multiplication des baccalauréats professionnels.
Il n’est donc guère étonnant de voir, régulièrement, des diplômés-chomeurs battre le pavé pour exiger d’être embauchés dans la fonction publique.
Dans un diagnostic sévère et sans détour de l’éducation et de la formation au Maroc, le Roi avait d’ailleurs dénoncé, dans son discours du 20 août 2013, la dégradation de l’enseignement qui «a conduit un grand nombre de familles, en dépit de leur revenu limité, à supporter les coûts exorbitants de l’inscription de leurs enfants dans les établissements d’enseignement relevant des missions étrangères ou dans le privé, et ce afin de leur épargner les problèmes rencontrés dans l’enseignement public et leur permettre de bénéficier d’un système éducatif performant».
C’est dire que, jusqu’à présent, l’électrochoc que l’on attend au niveau de ce secteur n’a pas encore eu lieu. Alors que la nécessité de disposer d’un système d’enseignement de qualité, en phase avec les ambitions de développement économique du Royaume, est un impératif auquel le Maroc ne saurait se soustraire.





