Finances News HebdoFinances News Hebdo
Editoriaux

Fourre-tout

RFPar Rédaction FNH
|Publié le 30 Octobre 2014 à 10:39
Partager

C’est un peu une grève générale préventive fourre-tout à laquelle on a assisté hier au Maroc.

Les rangs des frondeurs se sont en effet considérablement élargis depuis que certaines centrales syndicales ont appelé, il y a quelques semaines, à un débrayage, dans la fonction publique, les établissements publics et le secteur privé pour protester contre la politique du gouvernement et son impact sur la paix sociale. Initié à l’origine par l'Union marocaine du travail (UMT), la Confédération démocratique du travail (CDT) et la Fédération démocratique du travail (FDT), le mouvement a été rejoint par plusieurs autres acteurs (syndicats politisés, partis politiques, ONG…), conduisant à des revendications pour le moins hétérogènes, dont certaines sont hors du champ des questions sociales. Pour autant que l’on sache, ce qui préoccupe cependant davantage les principales centrales syndicales, est la fameuse réforme du régime des retraites sur laquelle se penche actuellement le gouvernement. Et les frondeurs ont beau lancer des cris d’orfraie, cette réforme se fera. Par la force. C’est un impératif auquel le Maroc ne saurait se soustraire (www.financenews.press.ma). Les syn-dicats en sont d’ailleurs conscients, mais exigent une «approche participative» dans ce chantier épi-neux, tout en posant leurs conditions, notamment le rejet de toute baisse des pensions. Dans ce dossier où rien n’est tranché, la version finale du projet de réforme n'ayant pas encore été arrêtée, le gouvernement assure pourtant qu’il a tendu la main aux syndicats. Et continue de le faire. Néanmoins, rien n’y fait. Un échange de sourds auquel le gou-vernement répond, plus largement, en exhibant ses chiffres, fruits justement du dialogue social : augmentation du SMIG dans les secteurs public et privé au profit de 53.000 fonctionnaires (160 MDH) et des pensions pour 92.500 bénéficiaires, création d'un fonds de compensation pour la perte d'emploi (500 MDH), mobilisation des ressources financières nécessaires pour l'augmentation des salaires et les avancements, avec une enveloppe de plus de 20 Mds de DH dès le début de 2014. A l’évidence, les syndicats estiment que le gou-vernement peut mieux faire. Mais Benkirane avait promis d’annoncer hier «une bonne nouvelle». Au moment où nous mettions sous presse, il n’avait encore rien dit. Cette «bonne nouvelle» sera-t-elle suffisante pour désamorcer la crise ambiante ?

Articles similaires