Dialogue social
Si l’objectif principal du dialogue social est de favoriser le consensus au sein des parties prenantes impliquées dans le monde du travail, l’annonce d’une grève est sans doute un grand signe d’échec.
Un échec pour toutes les négociations menées jusqu’à présent et qui ont abouti à des «concessions» pour les uns et à des «consolations» pour les autres. Sans que la concertation institutionnalisée ne puisse donner lieu à une solution de fond. Le gouvernement, de son côté, qui pense mener fermement une politique du travail cohérente, semble cantonné dans un rôle de simple assistance aux partenaires du dialogue social. C’est cela qui pourrait être à l’origine du nouveau bras de fer qui se profile entre syndicats et Patronat, au moment où les grèves enregistrées au cours de cette semaine ont paralysé essentiellement les collectivités locales et les établissements sanitaires. Sauver le dialogue social ne semble pas, à ce titre, être le mot d’ordre adopté aujourd’hui par les diverses centrales syndicales qui veulent faire respecter leurs demandes en recourant au moyen le plus extrême de toute protestation sociale qu’est la grève générale. Le rôle des pouvoirs publics demeure crucial pour ramener tout le monde à la table des négociations. C’est le seul moyen d’éviter les méfaits de l’échec d’un dialogue social qui n’a pas encore atteint l’âge de maturité. C’est pour dire que le dialogue social doit sortir de son cadre «informel» dans lequel les syndicats veulent certainement le ramener. Sinon, il va certainement devenir un dialogue byzantin qui, au lieu de produire la paix sociale, risque d’accoucher de conflits stériles et coûteux pour la collectivité. A bon entendeur…
F. Ouriaghli
2008-05-16





