Finances News HebdoFinances News Hebdo
Editoriaux

Claque et clap de fin

RFPar Rédaction FNH
|Publié le 12 Juin 2016 à 22:41
Partager

On n’en a pas encore fini avec les tribulations de la Samir.

On n’en a pas encore fini avec les tribulations de la Samir. Le dernier épisode de la série à rebondisse­ments «Redressement ou Liquidation ?», pour laquelle la presse s’est souvent improvisée en mauvais scénariste, s’est joué la semaine dernière. La cour d’appel de commerce de Casablanca a en effet confirmé la liquidation judiciaire prononcée en première instance. Ce verdict a surpris plus d’un. Mais il fallait être plutôt naïf pour croire que les juges allaient opter pour le redressement. Car, de ce que l’on savait officiellement les semaines qui ont précédé le jugement, aucun élément nouveau et réellement significatif ne permettait de remettre en question le verdict rendu en première instance. «On supputait sur le fait que certains créanciers étaient favorables au redressement. Mais cela n’était pas une nouveauté en soi, car depuis le début de cette affaire, deux camps se sont dessinés : les partisans du redressement et ceux qui voulaient la liquidation. Et que l’on sache, les plus gros créanciers de la Samir se sont toujours exprimés en faveur de la seconde option», souligne un observateur qui suit de près l’évolution de ce dossier. Par ailleurs, laisse-t-il entendre, «le fait que le milliardaire saoudien Al-Amoudi, propriétaire de la Samir, ait prit l’engagement d’investir dans la raffinerie 650 millions de dollars si le redres­sement était retenu ne constituait pas une garantie en soi, dans la mesure où il avait eu, maintes fois, à faire des promesses qu’il n’a pas honorées».

En réalité, c’est la où le bât blesse en effet. Al-Amoudi, qui change constam­ment de fusil d’épaule, n’inspire plus confiance aux créanciers qui le qua­lifient de versatile. Tantôt agressif, tantôt un tantinet conciliant, ses chan­gements successifs de position font qu’il a perdu toute crédibilité et agace passablement les créanciers du raffineur. Au point que ces derniers sous­crivaient du bout des lèvres à ses engagements, notamment celui d’injecter de l’argent dans la Samir. «A la limite, sa dernière proposition ressemblait à un chantage à peine voilé. Et il faut se rappeler que si l’on en est arrivé à ce stade, c’est qu’il a laissé pourrir la situation avec ses tergiversations», fait remarquer notre interlocuteur.

Avec la liquidation de la Samir, Al-Amoudi aura reçu une véritable claque, d’autant que jusqu’au bout, par l’entremise d’une certaine presse qui a agité la possibilité d’une mise en redressement, il a nourri l’espoir de sortir «victorieux» de ce bras de fer judiciaire. Et la Samir paie cash la désinvolture avec laquelle son propriétaire a géré ce dossier.

Maintenant, l’éventualité de nouveaux repreneurs pour le raffineur, qui est en arrêt d’activité depuis août 2015 en raison de ses énormes difficultés financières, se précise de plus en plus.

Articles similaires