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Chronique africaine (Suite1)

RFPar Rédaction FNH
|Publié le 18 Mars 2013 à 10:26
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Pour son premier rendez-vous, notre investisseur devra se lever aux aurores. Car, si se déplacer à Casablanca est un calvaire, à Dakar, c’est encore pire. Selon les données d’une étude évoquées la semaine dernière par le Directeur général d’Ageroute (structure chargée de la mise en œuvre de tous les travaux de construction, de réhabilitation et d’entretien de routes, de ponts et autres ouvrages d’art, ainsi que de la gestion du réseau routier classé), le Sénégal perd plus de 100 millions de francs par an rien qu’à cause des embouteillages (1 DH ≈ 65 FCFA). Pourtant, de gros travaux d’infrastructures ont été engagés pour tenter de désengorger la capitale… qui n’a qu’une seule porte d’entrée et de sortie.

Premier conseil : à défaut de louer une voiture, se contenter du taxi jaune-noir. Et ne surtout pas se laisser tenter par les «cars rapides». C’est un nom trompeur. Ce moyen de transport en commun fait partie du décor sénégalais depuis plusieurs décennies. De marque Renault (le constructeur n’en fabrique plus depuis une éternité), ces «cars rapides», qui se distinguent par leur couleur bleue et jaune, affichent au compteur (s’ils en ont) des millions de kilomètres et sont affublés d’un nom évocateur : cercueils ambulants. Tellement ils ont fait des victimes sur les routes. Je me rappelle, à ce titre, d’une petite blague qui se racontait quand nous étions gamins. Le chauffeur disait ainsi au passager assis à côté de lui : «Aide-moi à redresser le volant». D’ailleurs, aujourd’hui, en cas d’accident mortel, le conducteur préfère prendre la poudre d’escampette et se rendre directement à la police afin d’éviter un lynchage inévitable.

Pourquoi alors ne sont-ils pas interdits à la circulation ? Simplement parce qu’ils permettent à des milliers de familles de vivre, et à des milliers de personnes de se déplacer à moindres frais. Les enjeux économiques et sociaux sont donc trop importants. Ce serait comme décider de raser Derb Ghallef.

Néanmoins, les tracas liés aux embouteillages semblent être une broutille par rapport à un autre problème beaucoup plus important : les coupures d’électricité. Elles sont récurrentes au Sénégal, même s’il y en a moins ces temps-ci. Selon la Direction de la prévision et des études économiques, le Sénégal a perdu 1,4 % de croissance en 2010 du fait de la recrudescence des coupures d'électricité. Lesquelles ont été à l’origine de plusieurs émeutes à Dakar, les populations affichant leur ras-le-bol face aux délestages intempestifs de la Senelec (Société nationale d’électricité du Sénégal) : certains quartiers peuvent avoir l’électricité le matin, d’autres le soir, les moins chanceux en sont privés parfois au moins 24 heures. Ce qui rappelle le système des double flux imposé aux écoliers pour faire face aux classes bondées dans certains établissements : école pour les uns le matin, pour les autres l’après-midi. Tout le monde a le droit au savoir (sic).

La Senelec et les autorités ont maintes fois promis la fin des délestages. Une succession de promesses non tenues qui agace passablement la population, laquelle n’a plus confiance en la parole publique. D’ailleurs, en Afrique subsaharienne, on dit que «le poisson a confiance en l'eau, et c'est dans l'eau qu'il est cuisiné».



Par David William




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