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Editoriaux

BAM choie les banques

RFPar Rédaction FNH
|Publié le 25 Septembre 2014 à 12:51
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C’est fait. Contre toute attente, Bank Al-Maghrib a décidé d’abaisser son taux directeur de 25 points de base. Pour l’histoire, nous retiendrons que c’est la première fois que ce taux descend en deçà de 3% pour se situer donc à 2,75%. Bonne nouvelle pour le marché ? Certainement. L’objectif attendu étant bien évidemment que les banques fassent preuve de plus de largesse en facilitant davantage les conditions d’octroi de crédit.

Il faut tout de même noter que les établissements bancaires ne font pas d’économie dans leur volonté de financer le tissu économique national, malgré une conjoncture peu favorable. En effet, les crédits à l’économie maintiennent toujours leur tendance haussière, quoiqu’on note ces dernières années un ralentissement qui s’accentue de plus en plus, avec notamment la fin des progressions à deux chiffres. A fin juin 2014, ils s’élèvent à 759 Mds de DH, soit +1,5% par rapport à fin décembre 2013. Et les banques prêtent davantage que ce qu’elles collectent, d’autant que les dépôts clientèle progressent certes plus vite sur la même période (+3,1%), mais s’affichent à 739,7 Mds de DH.

En cela, malgré cette nouvelle baisse du taux directeur, il semble peu évident que les banques ouvrent davantage les robinets du crédit. Simplement parce qu’en face, elles doivent «gérer» des créances en souffrance qui augmentent drastiquement… pour ne pas se faire taper sur les doigts par Bank Al-Maghrib qui veille scrupuleusement sur leur évolution. D’ailleurs, la Banque centrale ne manque pas de faire de petits rappels à l’ordre, surtout qu’à fin 2013, les créances en souffrance du secteur bancaire ont progressé de 23,5% pour se situer à 44,6 Mds de DH, soit un taux de 6%. Et à fin juin 2014, elles ont augmenté de 11%.

Il faut donc croire que même le Credit bureau, opérationnel au Maroc depuis 2009 (voir page…), n’a pu empêcher la hausse des créances en souffrance. Cet outil, et il semble utile de le rappeler, ne donne qu’une photographie, à un moment donné, de la capacité financière d’un particulier ou d’une entreprise, à travers notamment la centralisation de leurs antécédents de crédit. Ce sont, entre autres, ces informations dont les banques se servent dans leur politique d’octroi de crédit. Il reste un instrument certes utile, mais qui ne permet pas d’anticiper totalement les défauts de paiement et la montée du risque, surtout dans un environnement économique changeant et qui peut mettre certains acteurs économiques en difficulté. C’est d’ailleurs ce qui est arrivé en 2013 : les entreprises du BTP, de l’immobilier et de la sidérurgie, fortement chahutées en 2013 par la conjoncture économique défavorable, ont été à l’origine de la forte poussée des créances en souffrance dans le secteur bancaire.


Par David William

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