Assurément Digital
Casablanca accueille la quatrième édition des Rendez-vous de Casablanca de l’assurance. Retrouvailles pour les uns, découverte pour les autres, cette grand-messe des assureurs, qui fédère pendant deux jours des experts de plusieurs pays, en particulier africains, remet sur le tapis un concept très en vogue du moment, à savoir la digitalisation, à travers un thème pour le moins évocateur : «Réinventer l’expérience client à l’ère du digital». Aujourd’hui n’est-il d’ailleurs pas mieux indiqué de parler de révolution numérique ? Osons le dire, nous sommes en effet entrés dans une nouvelle ère, celle de l’«homo numéricus» qui a bouleversé le quotidien de tous les individus et qui s’est invitée de force dans le secteur financier. Dès lors, toutes ces évolutions technologiques exigent de revoir les modèles et les chaînes de valeur traditionnelles, à la faveur notamment de l’émergence des fintechs. Dans le domaine des assurances en particulier, la digitalisation appelle à s’interroger sur le businessmodel sur lequel repose l’activité des assureurs, en particulier la mutualisation.
Reste que, et cela nous n’en doutons pas, cette révolution numérique va permettre d’améliorer substantiellement le taux de pénétration de l’assurance et l’inclusion sociale dans les pays émergents. Elle favorisera aussi l’accès à une frange de la population à des produits d’assurances simples et adaptés. C’est dire que la digitalisation doit être appréhendée sous l’angle des opportunités qu’elle génère et non comme source de contraintes. Même s’il est vrai que face évidemment à ces mutations technologiques exponentielles, il est nécessaire d’avoir un cadre législatif évolutif et susceptible d’apporter les réponses adéquates aux besoins des intervenants du secteur. Et au Maroc, l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale est déjà dans cette optique. En tout cas, les deux jours qu'ont duré les débats devront permettre de sortir avec des pistes de réflexion utiles. Utiles surtout pour nombre de pays africains où le taux de pénétration de l’assurance est pour le moins très faible. ■





