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Alexis Tsipras : Patriote ou héros insouciant ?

RFPar Rédaction FNH
|Publié le 2 Juillet 2015 à 12:54
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La question n’est pas dénuée de sens. Particulièrement en cette phase critique que connaît la Grèce en ce moment.

Depuis le lundi 29 juin, les banques sont fermées. Cette décision, annoncée la veille par le Premier ministre grec Alexis Tsipras, et qui fait suite au refus de l'Eurogroupe de prolonger le programme d'assistance à la Grèce au-delà du 30 juin, est assor­tie de l'instauration d'un contrôle du mouvement des capitaux. Cette fermeture devrait durer jusqu’au 7 juillet, mais les Grecs peuvent toujours retirer de petites sommes : 60 euros maximum par jour aux distributeurs. Et, mesure exceptionnelle, 1.000 agences bancaires ont été ouvertes, mercredi 1er juillet, pour permettre aux retraités, sans carte bancaire, de retirer jusqu'à 120 euros pour toute la semaine.

Tout cela parce que le dialogue entre la Grèce et ses créanciers a été rompu, mettant le pays, depuis mardi, en situation de défaut de paiement : la somme de 1,5 milliard d’euros due au Fonds monétaire international, ce sera pour plus tard. Tout cela parce que Tsipras, élu Premier ministre en janvier 2015 dans une Grèce en pleine crise économique, se la joue inflexible. Histoire de ne pas courber l’échine face à l’Eurogroupe. Histoire, aussi, de rester fidèle à ses promesses élec­torales. Des promesses qui ont permis à Syriza, la Coalition de la gauche radicale, d’être portée à la magistrature suprême par des Grecs à bout de souffle, étranglés par des plans d’austérité successifs qui s’avèrent, aujourd’hui, être des échecs cuisants. Tsipras mourra-t-il pour ses idées ? Ou, du moins, pour respecter ses promesses électorales ?

En tout cas, en appelant à un référendum le 5 juillet prochain, il joue une partition politique subtile, mais dangereuse. Et des résultats de ce référendum durant lequel les Grecs devront approuver ou rejeter les propositions formulées par les créan­ciers (UE, BCE, FMI), dépendra l’avenir de la Grèce. S’ils disent «oui», les négocia­tions reprendront, et l’économie pourra être renflouée, avec l’obligation d’accepter les directives des créanciers, notamment un plan de réformes. L’austérité quoi. Si le «non» l’emporte, le «grexit» tant craint, c’est-à-dire une sortie de la Grèce de la zone euro, pourrait avoir lieu.

Dans tous les cas, Tsipras… met le peuple grec devant ses responsabilités, quand bien même il l’a appelé à voter massivement en faveur du «non». Cette posture est diversement appréciée au sein de la population. Quand d’aucuns voient en lui un patriote, qui a l’outrecuidance de ne pas se soumettre au diktat des grandes institutions financières, d’autres pensent, plutôt, que son entêtement va conduire le pays droit au gouffre.

Alexis Tsipras est un joueur de poker. Et son ultime tentative, mardi soir, qui a consisté à demander à l’Eurogroupe de mettre en place un accord sur deux ans afin de couvrir les besoins financiers et de rééchelonner la dette du pays, devait être passé au crible, mercredi, par les ministres des Finances de la zone euro. Au moment où nous mettions sous presse, rien n’avait encore été décidé. Bref, c’est dire que nous ne sommes qu’au milieu de la saison 5 d’une «série» grecque qui dure depuis 2010. Et bien malin le scénariste qui pourra en imaginer la fin !


Par David William

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