Affront ?
S’achemine-t-on vers une nouvelle période de gel dans les relations entre le gouvernement et le patronat ?
S’achemine-t-on vers une nouvelle période de gel dans les relations entre le gouvernement et le patronat ? Si tout contact ne peut être évité, au regard notamment du dialogue social récemment engagé, force est de reconnaître cependant qu’un vent frais souffle entre les deux parties. Cela, depuis la sortie au vitriol de la patronne des patrons, à l’occasion d’un récent colloque tenu à Skhirat. Miriem Bensalah Chaqroun n’aura pas fait dans la dentelle, critiquant ouvertement le bilan économique du gouvernement et égrenant les grandes faiblesses du tissu économique national. «Nous sommes sur la voie du développement, et il nous faut encore fournir beaucoup d’efforts pour intégrer le club des pays émergents», a-t-elle lancé devant une salle archi-comble, avec une présence remarquée du Chef de gouvernement, Abdelilah Benkirane, et de ses ministres. Dans l’absolu, le patronat est dans son rôle. Il semble légitime qu’il puisse faire un diagnostic objectif de la situation économique, identifier les failles qui fragilisent l’économie et proposer des pistes d’amélioration qui peuvent, justement, permettre au Royaume d’être plus compétitif.
Bien évidemment, une telle diatribe envers une équipe gouvernementale qui n’attend qu’une occasion pour brandir ses réalisations et, surtout, se targuer de préserver les équilibres macroéconomiques, est vécue comme un affront. Surtout qu’au cours de cette législature, plusieurs clashs sont survenus entre le gouvernement et le patronat. Le temps a certes fini par cicatriser les plaies, mais cette fois-ci il semble que la sortie de Bensalah ait vraiment irrité Benkirane et son équipe. Une sortie que les adversaires politiques du Chef de gouvernement mettront à profit, surtout au moment où l’on est au seuil des élections législatives. Le réquisitoire acerbe de Bensalah va donc, à coup sûr, servir les intérêts d’une opposition qui ne cherche qu’à discréditer l’action gouvernementale.
En attendant, l’opinion publique guette attentivement la réaction de Benkirane et de son équipe. Lesquels, jusque-là, ont fait profil bas.





