STATUT GELÉ, COURS DÉCONGELÉS ?

STATUT GELÉ, COURS DÉCONGELÉS

Gouvernement et syndicats ont pu finalement accorder leur violon : le statut des fonctionnaires de l’Éducation nationale a été gelé, suite à la réunion tenue entre les deux parties lundi dernier. Reculade de l’Exécutif ou posture raisonnable dans cette crise qui a davantage enfoncé le clou de la suspicion qui entoure l’enseignement public ?

Restons positifs. Le gel du nouveau statut unifié et son amendement pour améliorer les revenus des fonctionnaires de l'Education nationale, témoigne d'une volonté de dialogue et de compromis. Les enseignants, acteurs essentiels de la transmission du savoir, voient ainsi leurs revendications légitimes prises en considération. Pour l’heure, seule compte donc la fin des grèves successives (même si les coordinations des enseignants font encore de la résistance) qui ont plombé le système éducatif et fait des écoles marocaines des déserts du savoir.

Ces semaines de grèves et de manifestations ont créé des perturbations considérables dans le continuum éducatif, au grand dam des élèves qui ont été les vrais perdants de ce bras de fer entre gouvernement et centrales syndicales.

Chaque journée de grève est une journée de connaissances non transmises et un savoir qui se perd dans le tumulte des revendications. Les heures de classe perdues ne sont pas simplement des chiffres sur un calendrier, mais plutôt une perte sèche en termes d’opportunités éducatives. Les conséquences vont donc au-delà du calendrier scolaire, en ce que cette privation d’apprentissage sape la confiance des élèves, mais aussi des parents dans le système éducatif.

Le dénouement de cette crise souligne cependant la nécessité d'une réflexion approfondie sur la manière dont les revendications syndicales sont gérées au Maroc. Le gouvernement ne doit pas attendre d’être au pied du mur pour réagir et proposer des solutions. Car, quoi qu’on dise, le mal est fait, au regard de toutes ces semaines où les élèves ont été contraints à faire… l’école buissonnière. Par ailleurs, les grèves, si elles sont légitimes, ne devraient pas être la norme, mais plutôt une mesure d’exception.

Un dialogue continu et transparent est essentiel pour éviter que les élèves ne se retrouvent pris en otage dans des conflits qui les dépassent. Car le Maroc ne saurait atteindre l'excellence éducative dans un environnement où les débrayages fréquents des enseignants créent une atmosphère d'incertitude permanente. Trouver un équilibre parfait entre la défense des droits légitimes des enseignants et la préservation d'un système éducatif stable est impératif pour garantir un avenir éducatif prometteur aux générations futures. 

 

Par F.Z Ouriaghli

 

 

 

 

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