MALAISE ÉCONOMIQUE

MALAISE ÉCONOMIQUE

Covid-19, sécheresse, guerre en Ukraine…, le gouvernement joue-t-il de malchance ? Crise sanitaire, déficit pluviométrique et instabilité géopolitique mondiale mettent en tout cas l’économie nationale à rude épreuve. Elle en souffre terriblement. Au point que l’on s’interroge sur la portée des mesures initiées par le gouvernement pour limiter un tant soit peu la casse. Oui, l’Exécutif ne fait pas preuve d’inertie dans la conjoncture actuelle. Il tente des choses, notamment sur un front sensible : celui du pouvoir d’achat.

La vie est en effet devenue chère. Très chère. Et, malheureusement, cela dure depuis plus d’un an. Les prix augmentent sans cesse, quand bien même on peut observer une accalmie de temps à autre. L’inflation a ainsi atteint 8% en août après 7,7% en juillet, 6,3% en moyenne au deuxième trimestre et 4% au premier. Elle est tirée principalement par les hausses des prix des produits alimentaires et énergétiques. Dans cette conjoncture économique très délicate, le gouvernement a essayé d’envoyer des signaux rassurants à la collectivité. Histoire de lui prouver qu’il est bien là et qu’il se soucie de son porte-monnaie.

Doublement du plafond de la Caisse de compensation, hausse de 5% du SMIG dans les secteurs de l'industrie, du commerce et des professions libérales et de 10% du SMAG (secteur agricole), suppression des droits de douane sur le blé tendre, plan de relance du tourisme, subventions aux professionnels du transport pour faire face à la hausse des prix des carburants… sont autant de mesures qu’il a initiées. Auxquelles devraient s’ajouter d’autres prévues dans le projet de Loi de Finances 2023, comme notamment la baisse de l’impôt sur le revenu pour casser la diffusion des pressions inflationnistes. Pourtant, les citoyens ont quand même l’impression que l’Exécutif n’en fait pas suffisamment, du fait de leur ressenti par rapport à l’inflation.

Leur pouvoir d’achat reste toujours laminé par des niveaux de prix élevés, comme par exemple ceux affichés dans les stationsservice : le litre de gasoil à 14,5 DH, ça ne passe pas. Il reste cher dans la conscience collective. Plus globalement, il y a une sorte de malaise économique ambiant et pesant qui plombe le climat des affaires. Et qui est accentué par des perspectives économiques mi-figue mi-raisin : une croissance de 0,8% en 2022 et de 3,6% en 2023, selon Bank Al-Maghrib, qui a participé à «l’effort de guerre» en relevant le taux directeur de 50 points de base à 2%.

Dans ce tableau grisâtre, il y a néanmoins ce qu’on peut qualifier d’indices de satisfaction : les Marocains résidant à l’étranger jouent toujours le jeu, avec des transferts de 71,4 Mds de DH à fin août, soit +11,3% par rapport à fin août 2021, et les exportations de phosphates et dérivés affichent une santé insolente (+68% à 77,9 Mds de DH à fin août). Sauf que cela ne semble pas servir d’électrochoc pour booster le moral des troupes. 

 

Par F.Z Ouriaghli

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