Renchérissement des prix: le gouvernement Akhannouch peut-il étouffer la grogne sociale ?

Renchérissement des prix: le gouvernement Akhannouch peut-il étouffer la grogne sociale ?

Des partis de l’opposition critiquent l’Exécutif pour sa communication et le manque d’initiatives audacieuses.

Dans ce climat tendu, un remaniement ministériel n’est pas à écarter.

 

Par C. Jaidani

Sous l’effet de la crise économique, la hausse du coût de la vie, le déficit pluviométrique et les incertitudes, le gouvernement Akhannouch est sous pression. Outre les critiques formulées par les partis de l’opposition, l’Exécutif fait face à une grogne sociale qui ne cesse de s’amplifier. Pour le moment, le mécontentement est affiché essentiellement sur les réseaux sociaux, à part l’organisation de quelques manifestations sporadiques pour protester contre la cherté de la vie. Parallèlement, la scène politique nationale connaît une ébullition qui a pris une nouvelle ampleur avec les sorties médiatiques de plusieurs figures de proue. La dernière en date est celle Abdelillah Benkirane, secrétaire général du PJD, qui a qualifié le gouvernement de «perturbé et tergiversant et qui n’a pas l’audace politique pour prendre les bonnes décisions».

Intervenant lors d’une réunion du secrétariat général de son parti le 1er avril, le chef du parti de la lampe a estimé qu’«il y a un manque de communication flagrant de la part de ce gouvernement pour expliquer aux Marocains les raisons de ce renchérissement record des prix». Pour sa part, Nabil Benabdellah, secrétaire général du PPS, a adressé une lettre ouverte au chef du gouvernement quelques jours après la tenue d’une réunion extraordinaire de son parti le 30 mars. Le texte fait état des préoccupations du parti quant à la flambée des prix et la détérioration du pouvoir d’achat des Marocains. Le bureau politique du PPS s’est dit profondément préoccupé par la légèreté avec laquelle le gouvernement gère «la flambée exorbitante et insupportable des prix des produits alimentaires et de consommation».

«Cette situation provoque une montée de l’exaspération et de la tension populaire et menace la paix sociale», fait remarquer le parti, qui critique surtout «le silence et l’inaction du gouvernement face à cette situation qui affecte toutes les catégories sociales, en particulier les personnes à revenu modeste, les couches nécessiteuses et vulnérables ainsi que les classes moyennes». Face à ce constat, de nombreuses voix s’élèvent pour demander un remaniement ministériel, voire un hypothétique renversement du gouvernement à travers une motion de censure.

Pour le politologue Mohamed Belmir, «l’opposition fait son travail en critiquant l’Exécutif. C’est son rôle, elle profite de cette conjoncture difficile pour marquer des points et conforter son assise populaire. Mais elle ne peut dans l’état actuel de la configuration politique nationale renverser le gouvernement à travers une motion de censure. Car la coalition tripartite au pouvoir dispose d’une large majorité. Cependant, un remaniement ministériel reste probable, car tous les gouvernements qui se sont succédé sous le règne de Mohammed VI ont vécu ce scénario. Il peut être opéré à l’initiative du Roi ou sollicité par le chef du gouvernement. L’ajustement connaîtra vraisemblablement quelques portefeuilles ministériels. L’Exécutif actuel est à 18 mois seulement de son mandat. Traditionnellement, les changements sont opérés entre la deuxième et la troisième année».

Conscient de ce climat très tendu et du contexte inflationniste actuel, Abdellatif Wahbi, secrétaire général du Parti authenticité et modernité (PAM), a demandé une réunion urgente des leaders des partis de la majorité. Un appel qui a reçu un avis favorable de la part d’Akhannouch. «La coalition au pouvoir doit souder ses rangs et colmater les brèches qui peuvent bouleverser sa cohésion pour affronter les différentes contraintes actuelles et les défis qui se dessinent. C’est une épreuve difficile qu’il faut surmonter avec clairvoyance. L’éclatement de cette alliance peut générer de nombreux scénarios», conclut Belmir. 

 

 

 

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