Vacances… informelles
C’est parti pour… deux mois de vacances ! Deux mois où fonctionnaires et salariés du privé sont payés pour ne rien faire. Ou presque. Un mois de vacances officielles, conforme à la législation du travail, pour reposer nos neurones après
11 mois de dur labeur (pas pour tous (sic !)).
Et un mois de vacances… informelles où ceux qui font semblant de travailler, en invoquant le mois sacré du Ramadan comme faux prétexte, noient les efforts de la minorité consciente.
Cet état de fait semble aujourd’hui accepté par tous. Même par les patrons pour qui le Ramadan est indéniablement synonyme de baisse de productivité chez les employés et, plus globalement, d’un ralentissement généralisé de l’activité économique. Quand bien même ils auraient voulu que ce soit autrement. Car ce sont pratiquement deux mois de chiffre d’affaires sur lesquels ils devront faire l’impasse, alors que les charges restent quasiment inchangées. Ils sont habitués, est-on tenté de dire. Mais il serait bien que l’on puisse évaluer ce que ces deux mois coûtent au Maroc en terme de points de PIB.
Par ailleurs, de tous ceux qui se libèrent du joug de leur patron en raison des congés annuels, c’est au niveau de la presse écrite que l’on retrouve la plus grosse bizarrerie, pour ne pas dire une véritable anomalie de fonctionnement : les hebdomadaires cessent de paraître, comme si l’information, elle aussi, partait en vacances. Il semble bien que le Maroc soit le seul pays où c’est un fait établi et systématique que nul ne pourra changer de sitôt. Cela tient, d’abord, à des raisons financières, la plupart des publications estimant que, durant la période estivale, faute d’annonceurs, il ne semble guère utile… d’informer les lecteurs. Ensuite, aux difficultés d’avoir des informations, la plupart des décideurs étant, eux aussi, en train de faire bronzette pieds dans l’eau. Motifs suffisants pour priver les lecteurs d’informations ? Le débat est ouvert.
Néanmoins, sur le registre des congés, les mieux lotis sont, de toute évidence, les élus. Particulièrement nos parlementaires, ces éternels vacanciers, adeptes de la chaise vide, qui oublient souvent qu’ils sont au service des citoyens et non l’inverse. Ils se distinguent d’une manière singulière : ils ont le courage d’être payés pour faire l’école buissonnière et déserter l’hémicycle.
Il faut pourtant espérer qu’à la prochaine rentrée, ils seront nombreux à s’acquitter des missions pour lesquelles ils ont été investis. Car, des dossiers urgents et chauds les attendent (voir pages 22 à 33), pour lesquels il va falloir trouver des solutions définitives. Encore faut-il qu’ils en prennent collectivement conscience.
Pour ma part, je vous donne rendez-vous fin août.
Bonnes vacances !
DW
28-07-2010





