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Editoriaux

Une question de responsabilité

FNPar Finances News
|Publié le 15 Février 2018 à 15:47
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Fatima Ouriaghli, Directeur Général responsable de la Publication 


 

La sortie remarquée et virulente de l’ex-secrétaire général du Parti de la justice et du développement, Abdelilah Benkirane, lors du Congrès de la jeunesse de ce parti, début février, cristallise toujours le débat politique. Il faut dire qu’en s’en prenant de façon assez acerbe et ouvertement aux alliés du PJD dans le gouvernement, et plus particulièrement au patron du Rassemblement national des indépendants, Aziz Akhannouch, Benkirane a réussi son coup. Sortir de l’ombre et occuper la scène médiatique, tout en semant le trouble au sein d’une majorité à l’unité assez précaire. Cela, sous l’œil impassible d’un chef de gouvernement qui semble dépassé face à cette forme d’insolence narquoise.

De fait, Saad Eddine El Othmani est actuellement dans une très mauvaise posture. En ne prenant pas ses distances face aux propos de Benkirane, voire en ne les condamnant pas publiquement en tant que chef de parti et chef de gouvernement, il n’assume pas ses responsabilités et ne rassure guère sa majorité.

D’ailleurs, lors du Conseil de gouvernement qui a suivi les attaques de Benkirane, pratiquement tous les ministres RNI étaient absents. Simple coïncidence ou boycott en signe de protestation ? De toute évidence, le silence de El Othmani prête aujourd’hui légitimement foi a beaucoup d’interprétations et de supputations.

Au point que l’on se surprend à se demander s’il a ce charisme et ce leadership qui peuvent lui permettre de fédérer autour de lui afin de mieux gouverner.

En tout cas, au sein de l’opinion publique, ce préjugé favorable dont il jouissait lors de sa nomination en tant que chef du gouvernement a très vite fait de s’effriter. Au fil des mois et des actes qu’ils posent (ou non), il devient de plus en plus inaudible.  Et ce, alors qu’il en faut bien plus pour diriger cette coalition hétéroclite, laquelle doit, surtout, faire preuve d’une grande cohésion pour relever les nombreux défis socioéconomiques auxquels le Maroc doit faire face en ce moment. Et ce n’est visiblement pas en évoluant en ordre dispersé que ce gouvernement va y arriver. ■

 

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