Témoins passifs de l’histoire
L’actualité du moment reste rythmée par les préparatifs du référendum constitutionnel. Demain, 1er juillet, les Marocains devront répondre par «oui» ou «non» à la question : «Approuvez-vous le projet de la Constitution soumis à référendum ?». Plus que quelques heures et nous serons édifiés.C’est, à l’évidence, un tournant historique qui s’annonce pour le Royaume qui s’est engagé dans un véritable processus de réformes constitutionnelles dont les échos favorables ont dépassé les frontières nationales.
Ce qui m’interpelle aujourd’hui, c’est que demain sera une journée assez délicate. Un jour… presque férié, d’autant que tous les citoyens sont appelés à déserter momentanément les bureaux pour aller exercer leur droit de vote.
Mais j’ai vraiment eu la conviction que demain tout va marcher au ralenti quand j’ai lu la circulaire du Premier ministre qui «incite toutes les administrations publiques, les collectivités locales, les établissements et les entreprises publics à accorder toutes les facilités nécessaires à l'ensemble des fonctionnaires et agents, toutes catégories confondues, pour leur permettre, le jour du référendum, d'aller accomplir leur devoir national et exercer leur droit constitutionnel de vote». Aux fonctionnaires, on ne le leur dira pas deux fois. Déjà qu’en temps normal la plupart sont le plus souvent en mode «offline», le courage d’être payés pour ne rien faire chevillé au corps, on imagine bien ce qu’il en adviendra pour une journée historique pareille. Le prétexte légitime tout trouvé.
Mais, pour une fois, on ne pourra pas leur reprocher de pratiquer la politique de la chaise vide. Au lieu de rester toute la journée au bureau à papoter et à se tourner les pouces comme de coutume, ils pourront au moins se prendre du bon temps tout en accomplissant leur devoir citoyen.
Ce qui est néanmoins sûr, c’est que si vous avez de la paperasse à régler, autant le faire aujourd’hui. Demain, ce ne sera guère possible. Les jours qui vont suivre également. Car, il faudra à nos fonctionnaires pas moins d’une bonne semaine de commentaires et papotages, histoire de pouvoir bien digérer les résultats du référendum.
Pour ma part, je n’ai pas ce problème au boulot. Toute mon équipe de journalistes sera bien présente au bureau. Rassurez-vous : ils ont la fibre patriotique, ils ont envie d’aller voter «oui». Mais, comme beaucoup de Marocains, ils n’ont pas de carte d’électeur. Ils n’ont jamais voté de leur vie. Ils ont toujours été des spectateurs de l’histoire politique du Maroc. Mince !!!
Demain encore, ils seront de nouveau les témoins passifs de la nouvelle page de l’histoire du Royaume qui va s’ouvrir.
De quoi les inscrire au jeu ni «oui» ni «non» !





