Statut « Avancez »
En pleine secousse économique, en pleine crise budgétaire et au moment même où certains pays européens suivent à la lettre les consignes du Fonds monétaire international pour l'adoption d'une politique d'austérité, l'Union européenne n'a pas failli à son rôle en matière de coopération avec le Maroc.
En témoigne le programme de coopération pour l'année 2011 avec un budget prévisionnel de 200 M Euros. Plus que par le passé, l'outil financier de l'UE accorde une attention particulière aux actions de développement social. Cette année, outre les différents projets en cours, la priorité est donnée à l'approche genre, au désenclavement rural et bien évidemment au Statut avancé. Sur ce dernier point, une feuille de route s'impose avec urgence, notamment en matière de convergence des normes. Force est de constater que le Maroc accuse du retard dans la présentation d'une proposition bien définie des aspects de convergence qui l'intéressent. L'idée étant d'identifier les domaines susceptibles d'intéresser les opérateurs marocains désireux de conquérir le marché européen de 500 millions d'habitants sans buter sur les traditionnels obstacles législatifs et réglementaires. Pour y parvenir, il faut une volonté politique et une mise en œuvre de moyens nécessaires et suffisants par les deux parties.
De son côté, l'Union européenne doit mettre de l'eau dans son vin, notamment en matière de facilitation des procédures d'octroi de visas. Jusqu'à ce jour, l'UE campe sur sa position et refuse toute facilitation dans ce sens face à la non-signature de l'accord de réadmission par le Maroc. On peut dire que c'est le principal point de discorde entre les deux parties et qui, avouons-le, rend les relations bilatérales électriques.
À noter qu'un projet de Statut avancé est aujourd'hui au stade de la réflexion entre l'UE et la Tunisie. Certains observateurs pensent que la multiplication de ce genre de «partenariat» est vitale pour la stabilité et la pérennité de la région méditerranéenne. D'autres voient en cela une concurrence directe au Maroc. L'essentiel à en tirer est que le Royaume n'est pas le seul à intéresser l'Europe. De ce fait, il doit accélérer sa démarche pour confirmer son leadership régional.
Par Fatima Ouriaghli





