Réunionites
Gouvernement et syndicats sont repartis dos à dos mardi dernier à l’issue d’une rencontre qui signait la reprise du dialogue social. Il n’en est ressorti que de la frustration, l’approche et les points de vue des deux parties sur la teneur même des discussions étant diamétralement opposés.
Le gouvernement n’a qu’une chose en tête : faire passer au plus vite la réforme des retraites. Le Chef du gouvernement le dit d’ailleurs haut et fort : «il n’est pas question d’ajourner ni de reporter la réforme des retraites». En clair, pas question de refiler la patate chaude au prochain gouvernement. Benki veut donc sa réforme. Sa détermination est loin d’être anodine. L’enjeu est à la fois politique et économique. Politique, parce qu’il pourra, une fois la réforme concrétisée, se targuer d’avoir eu le courage de la mettre en vigueur, là où les gouvernements successifs qui ont présidé aux destinées des affaires du Royaume ont préféré purement et simplement passer la main. Economique, parce que c’est toute la viabilité du système des retraites qui est en jeu. En l’état actuel des choses, et vu le capharnaüm financier dans lequel se trouvent certains régimes comme la Caisse marocaine des retraites, il faut impérativement et urgemment procéder à la réforme. La Cour des comptes ne dit pas autre chose. Idem pour le Conseil économique, social et environnemental. Mieux, cette réforme reste l’une des exigences des bailleurs de fonds, notamment le Fonds monétaire international.
Du côté des syndicats, on voit les choses autrement : la réforme des retraites fait partie d’un package et ne saurait être traitée sans aborder d’autres problématiques bien mises en orbite dans leur cahier revendicatif, comme la baisse de l’impôt sur le revenu, la revalorisation des pensions de retraite ou encore la hausse des salaires.
Dans un contexte où le gouvernement cherche de plus en plus à assainir les finances publiques et maîtriser le déficit budgétaire, ces exigences des syndicats risquent fort bien d’avoir comme réponse une fin de non-recevoir.
En tout cas, ces réunionites qui tendent à se multiplier ne peuvent durer éternellement. Le gouvernement devra, par la force des choses, trancher. Et assumer ses responsabilités.





