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Editoriaux

Rapports de force

RFPar Rédaction FNH
|Publié le 21 Avril 2011 à 09:13
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Les conflits sociaux semblent exploser depuis quelque temps. Pas un seul jour sans que l’on entende un bras de fer entre salariés et management. De Rabat à Casablanca, les mouvements d’humeur touchent tant les établissements publics que privés.

Samedi dernier, les adhérents du syndicat de l’ANRT affilié à l’UGTM ont craché leur bille sur la Direction générale du régulateur des télécommunications. Ce qu’ils reprochent au management : le non-respect des libertés syndicales, le harcèlement moral de certaines compétences, les dysfonctionnements constatés au niveau du système de rémunération, le taux de turn-over inquiétant, l’absence d’un système d’évaluation des ressources humaines qui repose sur le mérite et la compétence… On vous fera l’économie du reste des revendications.

Du côté des salariés de la Fondation Banque Populaire pour le Micro-crédit (FBPMC), la grogne continue également (www.financenews.press.ma). Et c’est à travers un long communiqué, pour le moins cinglant, qu’ils ont répondu, en milieu de semaine dernière, à celui précédemment rendu public par la Direction générale de l’établissement bancaire. «Manœuvres dans la voie de l’indifférence, contrevérités et allégations mensongères, tentatives trompeuses de l’opinion publique», voilà autant de mots utilisés pour signifier leur mécontentement. Mécontentement qu’ils légitiment, entre autres, par le traitement de faveur dont jouit le management de la Fondation par rapport aux autres membres du personnel. Un management qualifié «d’élite de première classe» et qui bénéficierait de «tous les avantages sociaux accordés au personnel du CPM».

En clair, ils veulent qu’on les aligne avec le personnel du CPM en termes de salaires et d’avantages sociaux. Tout autant, ils dénoncent que la Fondation, qui a le «statut d’association», se livre à des activités bancaires et procède à une «collecte non autorisée de l’épargne».

On pourra remarquer que tous ces conflits sociaux ont une racine commune : la recherche de meilleures conditions de travail. Mais ce ne sera certainement pas à travers des diatribes par presse interposée que se dénoueront ces situations conflictuelles. La force du dialogue constructif et la retenue doivent évidemment prendre le pas sur les propos acerbes et les rancoeurs personnelles étalées à travers les médias. Surtout à travers une certaine presse qui se délecte de telles informations et qui peut prendre un malin plaisir à jeter de l’huile sur le feu. Aujourd’hui, dans un contexte marqué par de profondes réformes visant à consolider la démocratie, les Marocains demandent plus de justice et d’équité sociales. C’est tout à fait leur droit. Mais cela doit se faire avec la manière et avec beaucoup de discernement. En évitant notamment de se faire manipuler par certaines «intelligences» qui profitent de ce vent de réformes pour s’autoriser toutes les dérives.

De la discussion jaillit la lumière, dit-on. En cela, les managers d’aujourd’hui doivent tout autant savoir, et il semble utile de le leur rappeler de temps à autre, que moins ils privilégieront les rapports de force au profit du dialogue, mieux se porteront les structures qu’ils dirigent. Et mieux ils dormiront la nuit.


David William

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