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Psychiatrie politique

FNPar Finances News
|Publié le 31 Mars 2017 à 15:10
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Homme de consensus, diplomate, bon négociateur... Les éloges sont pour le moins dithyrambiques pour le chef de gouvernement désigné, Saâd Eddine El Othmani. Ce préjugé favorable dont il jouit déjà résistera-t-il aux enjeux de la realpolitik ? C’est à voir.

En tout cas, aussitôt nommé, il s’est mis à la tâche. Mardi, le siège du Parti justice et développement (PJD) connaissait en effet une «effervescence» inhabituelle, avec notamment le défilé des différents chefs de parti politique. C’était l’heure des consultations. Histoire de tâter le terrain et de voir les formations politiques avec lesquelles il est possible de s’allier en vue de constituer le prochain gouvernement. Le Parti de l’Istiqlal (PI), le Rassemblement national des indépendants (RNI), l’Union constitutionnelle (UC), le Parti Authenticité et Modernité (PAM), le Mouvement populaire (MP), l’Union socialiste des forces populaires (USFP), le Parti du progrès et du socialisme (PPS), tous ces partis ont foulé le siège du parti de lampe.

Au-delà des accolades de circonstance qui ont émaillé les rencontres entre El Othmani et les chefs de ces formations politiques, qu’est-il ressorti de ces consultations ? Rien de bien concret. Hormis des déclarations d’intention… L’intention de coopérer pour trouver une issue à cette crise et doter enfin le Maroc d’un gouvernement. Le seul, pour l’instant qui aura fait une déclaration à contresens de la majorité, a été Ilyas El Omari, le secrétaire général du PAM. Sa position flirte avec le clair-obscur : «le Parti Authenticité et Modernité n’a pas changé sa position prise au lendemain de la proclamation des résultats des législatives du 7 octobre».

En clair, rester dans l’opposition. Sauf qu’en précisant que la participation du PAM au futur gouvernement reste une question prématurée, il laisse la porte entrouverte.

La question de savoir qui constituera la prochaine équipe gouvernementale reste donc entière. Mais l’interrogation à surtout se poser est de savoir si El Othmani réussira là où son prédécesseur, Abdelilah Benkirane, a échoué. Difficile de répondre. Difficile aussi de savoir si, malgré leurs bonnes intentions, les autres partis politiques vont lui savonner la route ou non.

Il y a néanmoins deux évidences :

- Primo, le temps joue en défaveur de El Othmani, car au plus haut sommet de l’Etat on attend que le gouvernement soit rapidement constitué, plus de cinq mois après les législatives;

- Secundo, il est dans une posture beaucoup plus délicate que Benkirane…, lequel avait une fenêtre de sortie. El Othmani, lui, n’en a pas : il est condamné à réussir brillamment. Ou à échouer lamentablement, ce qui pourrait entraîner, de fait, une perte de légitimité pour diriger le prochain gouvernement. Pas de troisième chance donc.

Il devra en tout cas faire appel à tous ses talents de diplomate, voire de psychiatre pour pacifier la scène politique et nouer des alliances durables. Cela, tout en composant avec les aspirations et attentes du secrétariat général du parti. Bonne chance ! ■

 

Par David William

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