PRUDENCE !
Il y a bien longtemps que la Bourse de Casablanca n’avait pas connu une aussi belle dynamique.
En enregistrant une sixième séance de hausse consécutive, le marché a vu ses deux indices-phares franchir un nouveau palier. En effet, à la clôture de la séance de mardi dernier, le Masi et le Madex ont enregistré des performances respectives de 10,67 et 11,23% avec, de surcroît, des volumes de transactions assez importants. Mieux encore, les analystes sont presque unanimes à dire que cette bonne entame va perdurer.
Pour autant, cette euphorie générale et ces performances sont-elles justifiées ? Ce sont des interrogations auxquelles beaucoup d’observateurs avertis du marché tentent aujourd’hui d’apporter des réponses (voir pages 8/9). Et, à ce niveau, les avis divergent, autant qu’ils amènent à apprécier ce qui se passe actuellement sur le marché boursier avec réserve. Mais l’une des thèses les plus avancées reste les résultats attendus des sociétés cotées à la Bourse, avec une masse bénéficiaire qui serait en hausse. Sauf que, en se référant à l’histoire récente de la Bourse, jamais une prévision haussière de la masse bénéficiaire n’avait créé autant d’enthousiasme, allant jusqu’à booster autant l’indice général. C’est dire que l’on ne saurait lier la dynamique actuelle de la place à ce seul facteur. Aussi, en ce début d’année, faut-il rester prudent, car les investisseurs ne sont pas forcément au bout de leur surprise. En effet, avec la multiplication des contrôles fiscaux, certaines sociétés cotées risquent de voir leurs profits fortement rognés. Saham Assurances, la Lydec et la BMCI en ont déjà fait les frais et ont été obligées de lancer des profits warning. Y en aura-t-il d’autres ? Peut-être. C’est dire que le bâton du Fisc peut engendrer bien des désillusions.
Cela dit, le marché boursier semble aussi profiter des perspectives économiques, à la faveur notamment d’une campagne agricole prometteuse. D’ailleurs, la Banque mondiale, dans son dernier rapport sur les perspectives pour l’économie mondiale, prévoit pour le Maroc une croissance de 4% en 2017, après une estimation à 1,5% en 2016. Restons sur nos gardes quand même !





