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Editoriaux

Préjugé favorable

RFPar Rédaction FNH
|Publié le 25 Septembre 2014 à 07:10
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Ils étaient tous là, sérieux, déterminés, tirés à quatre épingles. Politiques, patrons, économistes, syndicats… tous ont tenu à être présents aux récentes Assises sur la fiscalité. Ce rendez-vous était crucial. Certes, l’on ne s’attendait guère à des annonces fracassantes. Mais c’était juste l’occasion d’échanger les vues sur les réformes à initier afin de mettre en place un système fiscal juste et équitable. Etonnamment, tous ces acteurs avaient en partage une chose : le système fiscal a besoin d’un coup de lifting. Mais des divergences profondes sont apparues sur le «comment réformer» et «quelles niches toucher», légitimées par la nécessité de donner tout leur sens à ces notions d’équité et de justice fiscales.

Il faut dire, qu’à ce niveau, la tâche est ardue et il sera bien difficile de satisfaire tout le monde. Aujourd’hui, les plus bruyants sont forcément les plus oppressés fiscalement. Ils sont une minorité. La grande majorité silencieuse profite, quant à elle, généreusement de ce système et de ses largesses, oeuvrant en catimini pour préserver ses acquis.

Mais il va bien falloir que cela change. L'inéquité dans le traitement fiscal est trop criante. Le gouvernement en a pris conscience. Mais osera-t-il aller jusqu’au bout ?

Il faut savoir que la problématique épineuse de la réforme de la fiscalité ne date pas d’aujourd’hui. Bien d’autres gouvernements ont scruté ce dossier, sans jamais oser aller au fond des choses, au risque d’être impopulaires. Reconnaissons donc à Benkirane et à son équipe d’être un peu plus téméraires que leurs prédécesseurs. Ils essaient au moins de convaincre l’opinion publique qu’ils veulent réformer. C’est déjà ça. Mieux, ils ont eu l’intelligence d’y associer tout le monde. Rappelons que bien avant la tenue des Assises, un appel a été lancé à toutes «les bonnes volontés» afin de proposer des pistes de réformes. En initiant une approche participative élargie, le gouvernement s’évite d’emblée la sempiternelle critique faite en général aux politiques : «Une décision unilatérale, sans consultation avec les parties intéressées». Mais que l’on ne s’y méprenne pas ! Les «autres» proposent, le gouvernement dispose. In fine, ce sont Benkirane et son équipe qui ont le pouvoir. Et ce sont eux qui réformeront. L’essentiel est seulement de savoir si toutes les recommandations consignées lors des Assises seront effectivement prises en compte.

En tout cas, au sortir de ces Assises, le gouvernement jouit d’un préjugé favorable, s’attirant même quelque «sympathie» de la part de ses plus virulents détracteurs. Qui l’attendent néanmoins au tournant. Car, comme on le sait, ce genre de rencontres est le plus souvent l’antre des discours cosmétiques pour pacifier les intelligences rebelles. Des discours à l’acte, il y a tout un pas que les observateurs espèrent bien voir le gouvernement franchir. Comme l’a si bien dit l’économiste Najib Akesbi : «La Loi de Finances 2014 devrait être le premier test de crédibilité de ces Assises, notamment par la mise en place progressive de leurs recommandations».
Le temps est meilleur juge.



Par David William




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