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Nos chers voisins

RFPar Rédaction FNH
|Publié le 25 Juin 2015 à 10:08
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L’implantation du Groupe PSA Peugeot-Citroën au Maroc a fait grand bruit à l’international, et précisément… en Algérie.

Nos chers voisins étaient aux aguets, car aussitôt la nouvelle officialisée, la presse et les réseaux sociaux se sont enflammés. Du patriotisme mal placé qui fausse le jugement à l’analyse objective, en passant par la dérision et les bafouillements des politiques sur la construction d’une usine Peugeot en Algérie, tout y passe. Morceaux choisis… et commentés.


El Watan : «Le couple algéro-français
a beau se jurer amour, respect et fidélité, mais dans les faits, le coeur des Français sait de quel côté balancer devant des choix stratégiques». Et c’est qui le cocu dans tout cela ? «Peugeot va chercher à engranger le maximum d’avantages et de protection, tandis que l’Algérie se contentera, comme ce fut le cas avec Renault, du prestige de posséder, comme son voisin marocain, une usine d’automobiles supplémentaire». Comparaison n’est pas raison.


Info Soir : «Des négociations sont en cours avec le Groupe PSA Peugeot-Citroën pour le lancement d'une usine de fabrication de véhicules à l'ouest du pays, à partir de 2017. C'est ce qu'a confirmé, hier, le ministre de l'Industrie et des mines, Abdeslam Bouchouareb (…) Des conditions seront imposées, selon le ministre, avant l'installation de l'usine .“Je lui mets beaucoup de conditions car la rente chez moi émane du peuple. C'est une rente qui doit bénéficier à tout le peuple”», a-t-il souligné. Bien joué, continue comme ça, fais le dur !


L’Expression : «L'investissement de Peugeot en Algérie est une vue de l'esprit. Pareil projet n'existe pas, selon le ministre du Commerce Amara Benyounès : “Il n'a pas été traité. On ne l'a pas encore vu. Il n'est pas sur la table du gouvernement. Je ne sais pas du tout de quoi il s'agit”». Bon, il y a forcément l’un des deux ministres qui ne dit pas la vérité.


Liberté Algérie : «Le projet qui était, dans un passé récent, à l’état embryonnaire, s’est finalement concrétisé chez nos voisins de l’Ouest, qui semblent attirer au mieux les investisseurs, avec cette valeur ajoutée liée à la création d’emplois et un taux d’intégration très appréciable». Vrai. «Le gouvernement algérien a-t-il tiré les leçons avec le projet Renault qui, après avoir soulevé un tollé général, a fini par se concrétiser ? L’État algérien a-t-il une stratégie et une politique industrielle à mener avec ses partenaires pour négocier de manière aussi gauche la teneur de ces importants projets»? Ah chers collègues, vous posez les bonnes questions. Mais puisqu’il s’agit de votre cuisine interne, on ne s’en mêle pas.


L’Est Républicain : «(…) Mais la marque au lion va surtout rugir au Maroc. Notre voisin de l’Ouest, devenu exportateur d’automobiles, continue d’avoir la préférence des investisseurs étrangers». Il faut savoir séduire… sans forcément avoir du pétrole.


Tsa-Algérie : «Le climat des affaires est propice car le Maroc n’est pas un pays hostile aux entreprises. Le Maroc est un pays stable, car des réformes ont été immédiatement engagées dès que la gronde a commencé à se faire sentir durant le Printemps arabe». Vrai. «L’histoire de la rivalité entre l’Algérie et le Maroc est celle du lièvre et de la tortue. Nous avons été tellement privilégiés ces dix dernières années grâce au pétrole que nous avons oublié qu’il y avait peut-être une course à gagner. Pendant que le Maroc se retroussait les manches, notre fierté nous empêchait d’avoir une discussion rationnelle et de faire quoi que ce soit de productif. Aujourd’hui, le Maroc conforte sa position de base mondiale de l’automobile, et l’Algérie ne peut que constater son gâchis, en espérant pouvoir remédier aux choses. Encore faudra-t-il en avoir la volonté». Belle conclusion. Analyse à proposer au prix national de la presse.

Par David William

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