Mauvaise foi
Solidarité : c’est la devise qui prévaut en général dans tous les corps de métier. Quand, par exemple, un médecin fait une erreur médicale avérée, si ses confrères ne le soutiennent pas, ils ne l’enfoncent pas. Et c’est pareil chez les experts-comptables, les banquiers, les assureurs : ils sont solidaires. Et dans la presse ? C’est également la même ligne de conduite qui est adoptée, quand bien même il arrive de constater qu’une publication se gausse des déboires d’un confrère.
Bref, mon propos est de dire que pour s’attirer un lectorat, point besoin d’essayer de décrédibiliser ses confrères. Encore faut-il pouvoir y arriver. Et la raison de cette chronique-réponse tient au fait que la semaine dernière, nous avions publié un article intitulé : «Casablanca Finance City : La place financière sera-t-elle transférée» ? Un article qui a suscité beaucoup de réactions, et qui a été diversement apprécié. Ce qui est tout à fait normal. Ce qui, par contre, est déplorable, c’est de voir qu’un site électronique de la place (il se reconnaîtra) ait voulu décrédibiliser l’information donnée par Finances News Hebdo, allant jusqu’à attribuer à Said Ibrahimi, DG du Moroccan Financial Board, des propos qu’il n’a pas tenus. En effet, dans une info parue dans sa newsletter du lundi dernier, ce site disait : «Dans une tribune en anglais publiée sur le quotidien de référence du Moyen-Orient Asharq Al Awsat, Said Ibrahimi, DG du Moroccan Financial Board, a détaillé l'avancement du projet Casablanca Finance City (….)» et «a coupé court à certaines rumeurs qui évoquaient un possible déplacement du projet vers Tanger». Bien évidemment, nous sommes allés à la source (http://www.aawsat.net) afin de nous délecter de cette tribune. Une tribune très pertinente d’ailleurs dans laquelle Ibrahimi met en relief le processus d’intégration africaine du Maroc, sous l’impulsion notamment du Souverain, et porté par les groupes marocains (Maroc Telecom, BMCE, Attijariwafa Bank, Banque Populaire, Groupe Saham…) qui ont parié sur ce continent. Dans cette chronique de 6.249 caractères et 15 paragraphes, il n’est à aucun moment mentionné le mot Casablanca Finance City, encore moins fait état de l’avancement
du projet. Aucune référence à l’article que nous avons publié. Que dalle ! Nothing ! Walou !
C’est vrai, Ibrahimi a démenti cette information. Mais dans nos colonnes. Car, comme nous l’exige notre déontologie du métier, au moment de la rédaction de l’article, nous l’avons contacté pour confirmer ou infirmer l’information. La démarche de notre confrère est pour le moins insidieuse, pour ne pas dire intellectuellement très malhonnête. Et Said Ibrahimi pourrait même l’attaquer en Justice pour diffamation (sic).
En tout cas, sans vouloir verser dans la polémique, il nous semblait important de faire cette mise au point afin d'éclairer nos lecteurs... et ceux de ce site.
Par David William





