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Editoriaux

L’opposition au pouvoir

RFPar Rédaction FNH
|Publié le 30 Septembre 2013 à 08:26
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Benkiran doit jubiler en ce moment. Le chef de gouvernement a fait passer sa disposition relative à l’indexation partielle des prix des carburants sans grandes conséquences… pour l’instant. Après les cafouillages des premiers jours, ses lieutenants, et plus particulièrement le ministre chargé des Affaires générales et de la Gouvernance, Najib Boulif, semblent avoir pris les choses en main. Ils multiplient les rencontres avec les professionnels, qu’ils soient chefs d’entreprises ou transporteurs, et tentent de rassurer sur la pertinence de cette mesure qui va permettre de soulager le budget de l’Etat.

Les professionnels des taxis de première et deuxième catégorie ont même eu droit à une compensation, du fait de la hausse des prix des carburants inhérente à l’application du système d’indexation. Mieux, un site (www.sctaxis.ma) leur a été dédié afin de s'informer sur les mesures et les procédures à entreprendre en vue d'obtenir le soutien prévu en leur faveur.

Bref, la com’ marche à fond. Et Benkiran doit être d’autant plus content que ses détracteurs qui tentaient de surfer sur la vague de cette hausse des prix (quelques semaines seulement après l’augmentation du prix du lait) pour inciter les citoyens à manifester leur mécontentement, font grise mine. En cela, la grève de 72 heures décrétée lundi dernier par plusieurs centrales syndicales et associations de transporteurs aura été très peu suivie. Mieux, la manif de la veille, initiée par le Parti de l’Istiqlal, son allié d’hier dans le gouvernement qui s’érige actuellement en son plus fervent opposant, n’aura pas rassemblé grand monde.

Il faut cependant reconnaître qu’il existe, dans l’arène politique, une situation pour le moins incongrue : l’opposition est, aussi, au pouvoir. Car, dans le gouvernement Benkiran, le PI compte toujours quatre ministres, démissionnaires certes, mais qui continuent à remplir pleinement leur fonction ministérielle. Ce paradoxe dure depuis au moins trois mois. Et il en sera ainsi jusqu’à la formation de la prochaine majorité gouvernementale.



Par Fatima Ouriaghli


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