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Editoriaux

L'ONA, c'est fini !

RFPar Rédaction FNH
|Publié le 13 Janvier 2011 à 09:15
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L’entité ONA n'existe plus. C'est l'une des principales informations (financières) de la semaine. Pour faire désormais référence au holding royal, on parlera de la SNI. J'en parle presque avec regret, ou plutôt une certaine nostalgie. Parce que, jusque-là, le destin des deux holdings était intimement lié. C'étaient les deux jumeaux qui avaient la clé des affaires économiques et financières au Maroc.

Pourtant, je suis tenté de dire «Ouf !». La communauté des affaires aussi. Simplement parce que durant des années, analystes, observateurs et presse spécialisée se sont torturé les méninges pour essayer de comprendre les relations entre les deux entités, au regard notamment de la complexité de leurs participations croisées. Au point que les moins avertis ne savaient pas qui de l'ONA ou de la SNI était la maison-mère.

Cette disparition de l'un des deux holdings n'est pourtant pas une vraie surprise aux yeux des analystes. Elle était espérée depuis 2003, date à laquelle, sous la présidence Bassim Jaï Hokimi, et contre toute attente, l'ONA est passé sous le giron de la SNI grâce à un jeu subtil de cessions intragroupes. En effet, l'ONA avait cédé les 60% qu'il détenait dans la SNI au holding Siger, via Copropar (holding détenu à 100% par Siger). La SNI avait ensuite pris 20% du capital de l'ONA en contrepartie de la cession à ce dernier de Bimo et Sopriam. La SNI, qui avait une participation (historique) de 9,84% dans l'ONA, s'était donc retrouvée premier actionnaire avec pratiquement 30%.

Parallèlement, Siger était monté en force dans le tour de table de l'ONA (35%) à travers la SNI (30%) et la participation de 5% qu'elle détenait auparavant.

Convenons-en, tout cela était bien compliqué. Aujourd'hui, cette restructuration stratégique devrait permettre de donner plus de visibilité sur les activités de la nouvelle entité, SNI. Mais cela n'est pas sans conséquences.

Il y a, tout d'abord, la transparence vis-à-vis du marché. Car, en se retirant de la cote (www.financesnews.ma), la holding se soustrait d'emblée au jugement du marché. Il sera dès lors difficile d'apprécier sa santé financière et sa stratégie de développement, en l'absence notamment de contraintes légales en matière de communication financière.

Autre conséquence, et pas des moindres : il va bien falloir caser tous ces cadres et hauts cadres de l'ex-ONA. La question est de savoir s'ils pourront tous être effectivement redéployés vers les filiales du Groupe. Pas sûr. Surtout s'il faut tenir compte de leur ancien statut au sein de l'ONA… et de la susceptibilité des uns et des autres. Nous en saurons certainement plus dans les jours à venir.

En attendant, ce n'est pas un truisme d'affirmer qu'avec la disparition de l'ONA, une page de l'histoire des affaires au Maroc est tournée. Une histoire synonyme de bons souvenirs pour certains, et bien mauvais pour d'autres. Particulièrement tous ces ex-présidents qui sont rentrés par la grande porte et qui sont ressortis par la fenêtre.

Discrédités. Sans les honneurs. Suivez mon regard !


David William

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