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Editoriaux

Les bonnes surprises de Benki

RFPar Rédaction FNH
|Publié le 14 Novembre 2013 à 10:15
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Le journaliste et homme politique français, Emile de Girardin, doit se retourner dans sa tombe. Sa célèbre maxime «Gouverner, c’est prévoir» est bien souvent vidée de sa substance, pour ne pas dire habilement tronquée selon les convenances des uns et des autres. Au Maroc, le Chef du gouvernement s’est partiellement approprié cette formule. Ou, du moins, en a-t-il créé une autre plus en phase avec la conjoncture économique actuelle du Maroc. Pour Benkirane, en effet, «Gouverner, c’est surprendre». Et cela, il l’applique à merveille. Par deux fois cette année, il a procédé à une réduction du budget d’investissement. La dernière mesure en la matière, prise il y a seulement quelques jours, devrait permettre à l’Etat d’«économiser» quelque 10 Mds de DH (www.financenews.press.ma).

Le moins que l’on puisse dire est que personne ne s’attendait à une telle décision, surtout qu’après la coupe budgétaire de 15 Mds de DH procédée en avril dernier, Benkirane avait reçu une véritable volée de bois vert susceptible d’annihiler toute velléité de récidive. Mais il faut croire que le Chef du gouvernement a la carapace solide. Il sait encaisser. Surtout, il sait y faire, d’autant qu’il ne s’embarrasse pas de démarches procédurières qui peuvent freiner, voire étouffer ses actions. Raison pour laquelle, certainement, toutes les grandes décisions de ces derniers mois, qui ont un impact économique important, ont été prises entre quatre murs au sein de la Primature. Rien n’aura été discuté en Conseil de gouvernement. Il lui a suffi simplement de quelques circulaires pour débrider les situations les plus complexes et tenter de rééquilibrer des finances publiques largement chahutées par un déficit structurel. Qu’importe les qu’en dira-t-on ! Qu’importe les diatribes acerbes !

Convenons-en, l’approche de Benkirane reste, somme toute, assez pratique : les contestations et les cris d’orfraie viennent après coup. Mais cette démarche est-elle viable à long terme ? Surtout, sous le prétexte d’un rééquilibrage des finances publiques, faut-il sacrifier la croissance ? Ailleurs, bien des Chefs de gouvernement ont été délogés de leur perchoir à force d’étrangler la croissance au profit de l’austérité budgétaire.

Au Maroc néanmoins, l’on se garde bien d’user du mot «austérité». Cela passe mal et irrite certains économistes. On lui préfère la «bonne gouvernance», un terme trop souvent utilisé, mais également souvent galvaudé. Il reste que c’est un terme assez mignon, qui donne l’impression d’œuvrer pour le bien-être de la collectivité et dont les bailleurs de fonds comme le FMI sont très friands.

Mais bon, à user excessivement du coupe-coupe, on finit par se couper un doigt. Et ce sera le moindre mal.


Par David William



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