L’Afrique à Marrakech
L’intégration régionale prend tout son sens avec la tenue, tout dernièrement, à Marrakech, de la 15ème réunion annuelle de l'African Securities Exchanges Association (ASEA). A l’heure où l’économie mondiale agonise, avec en toile de fond une crise européenne dont la durée et la profondeur restent pour l’instant difficiles à circonscrire, il urge pour les pays en développement de sonder de nouvelles niches de croissance. Et cela passe évidemment par aller au-delà de la clause de style, pour faire de la coopération entre les pays africains une réalité concrète.
Sur le plan financier en tout cas, cette réunion de l’ASEA a permis de poser les bases d’un partenariat durable dont l’objectif ultime consiste en la mise en place d’un marché financier régional unifié, suffisamment efficient pour susciter la convoitise des investisseurs étrangers.
Pour autant, si la volonté des acteurs de promouvoir les opérations financières transfrontalières est bien réelle, ce chantier est loin d’être une sinécure. Car, il faudra non seulement que l’intérêt d’ériger un tel marhcé financier prenne le dessus sur les dissensions politiques qui existent entre plusieurs pays africains, mais il faudra également, plus concrètement, mettre en place le cadre législatif adéquat en tenant notamment compte des exigences de la finance mondiale et des spécificités propres à chaque pays.
Autant dire que c’est une tâche herculéenne. Mais le jeu en vaut la chandelle, quand on sait qu’une telle initiative devrait permettre l’érection d’un marché financier africain fort et générateur d’emplois.
En tout cas, cette rencontre initiée par la Bourse de Casablanca s’inscrit dans le droit-fil des ambitions de son DG, Karim Hajji qui s’est d’ores et déjà fixé comme objectif d’inciter certaines entreprises africaines à être cotées au niveau du marché boursier national. La société tunisienne Ennakl Automobile l’a fait, alors pourquoi pas d’autres ? ■
Par Fatima Ouriaghli





