La saignée
Fini les vacances ! C’est la semaine prochaine que nos bambins reprendront le chemin de l’école, sac à dos et sur leur 31. Moment de retrouvailles pour les uns et de découverte pour les autres, chacun d’eux va le vivre à sa manière. Certains sont contents d’y aller, d’autres, fidèles à la philosophie de Tom Sawyer, célèbre dessin animé du même nom, auraient préféré rester à la maison et s’accrocher aux jupons de maman.
Cette insouciance innocente contraste bien évidemment avec les ressentiments de ces nombreux parents d’élèves pour qui rentrée scolaire rime avec stress et dépenses incompressibles supplémentaires, alors que l’Aïd Al Adha, la fête du mouton, pointe son nez.
Mais d’une couche sociale à l’autre, les préoccupations peuvent être différentes. Les parents qui, faute de moyens, optent pour l’école publique, se surprennent toujours à s’interroger sur la qualité défaillante de l’enseignement, à laquelle aucune réponse appropriée n’a encore été apportée par le gouvernement. Et cet enseignement de qualité que l’école publique ne peut offrir, les ménages marocains vont le chercher dans le privé, quitte à s’endetter. Car, convenons-en, les établissements privés coûtent chers. Entre les frais de scolarité fixés de manière arbitraire et qui augmentent d’année en année et la foultitude de fournitures scolaires coûteuses que les enfants ont du mal à trimbaler chaque jour, c’est peu de dire que les parents se saignent pour offrir le meilleur à leurs progénitures. Il faut le dire, les écoles privées ont su bien profiter de la brèche béante inhérente aux déficiences de l’enseignement public.
Aujourd’hui, la quête du savoir est devenue très onéreuse au Maroc et constitue l’un des premiers postes de dépense des ménages. Une anomalie que le Souverain, dans son discours du 20 août 2013, a dénoncée avec véhémence, en soulignant notamment que la dégradation de l’enseignement «a conduit un grand nombre de familles, en dépit de leur revenu limité, à supporter les coûts exorbitants de l’inscription de leurs enfants dans les établissements d’enseignement relevant des missions étrangères ou dans le privé, et ce afin de leur épargner les problèmes rencontrés dans l’enseignement public et leur permettre de bénéficier d’un système éducatif performant». Il a tout dit





