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Editoriaux

La robe ou la toge

RFPar Rédaction FNH
|Publié le 10 Mai 2012 à 07:47
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Le Souverain vient de procéder à l’installation des membres de la Haute instance du dialogue national sur la réforme de la Justice. Voilà une excellente nouvelle ! Qui va ravir les justiciables. Et qui va surtout avoir un impact éminemment positif sur le climat des affaires.

La réforme de la Justice, un point nodal dans le processus de réforme constitutionnelle que traverse le Maroc, est très attendue. Pour deux raisons principales : d’abord, la Justice marocaine traîne un préjugé défavorable dont les racines se prolongent loin dans le temps. Et point besoin d’être un clerc pour savoir que ce préjugé s’abreuve à partir d’une source particulière et bien connue de tous : la corruption.

La seconde raison, et non des moindres, est la lenteur des procédures judiciaires qui tend à annihiler toute velléité de recourir à la Justice, quitte à «forcer» les solutions à l’amiable.

Cela pour dire qu’entre la corruption et une machine judiciaire grippée, il est impératif que cette réforme tant annoncée devienne une réalité afin d’établir de nouveaux rapports entre la Justice et les justiciables.

Mais, est-il utile de le rappeler, cette tâche ne sera point une sinécure. Des résistances généreuses vont s’organiser. De la part de ceux qui tirent grandement profit du système actuel. C’est-à-dire tous ceux habités par la convoitise, la cupidité et la fourberie et qui répandent un parfum nauséabond de compromission et de corruption autour de la Justice de ce pays. Et l’on ne peut que souscrire aux propos de Coluche qui disait «Il y a deux sortes de justice : vous avez l’avocat qui connaît bien la loi, et l’avocat qui connaît bien le juge» ! Et, malheureusement, cette réalité est tellement ancrée dans la conscience collective qu’elle tend à s’inscrire dans la normalité.

C’est clair : la robe de la Justice, ou sa toge si vous préférez, gangrenée par les parasites, a besoin d’une sérieuse cure de désinfection. La réforme à venir devrait, à ce titre, servir de rempart à tous ceux qui contribuent à entretenir, voire à enfoncer le clou de la suspicion qui entoure le système judiciaire marocain. Histoire de chasser le «diable» du prétoire. Histoire de ne plus faire du serment qu’une simple clause de style et du parjure une profession de foi.

David william


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