La douane fait sa com’
La douane marocaine a visiblement changé de fusil d’épaule… en matière de communication. L’une des administrations les plus modernes au Maroc, connue pour être pionnière dans de nombreux domaines relatifs aux outils technologiques mis à la disposition des citoyens, est depuis quelque temps quasi quotidiennement citée par la presse.Non pas justement pour vulgariser les nombreux services qu’elle propose, mais davantage pour relater ses faits d’armes. En effet, pas un seul jour ne passe sans que soit fait état dans la presse d’une saisie de cigarettes de contrebande, de téléphones portables contrefaits, de drogues ou encore d’une tentative de trafic de devises. Que les quantités soient importantes ou non, peu importe !
En réalité, les services de la douane semblent s’être dotés d’un service de presse pour le moins assez réactif, qui diffuse l’information quasiment en temps réel. En cela, la nouveauté dans cette démarche réside dans le fait que la MAP ne semble plus détenir ni l’exclusivité, encore moins la primauté de ce type d’informations. Elles tombent de façon régulière dans nos boîtes mails. Une telle initiative, d’autres administrations publiques doivent s’en inspirer. Même s’il faut reconnaître que certains ministères, comme celui de l’Agriculture et de la Pêche maritime, essayent de s’inscrire dans la même veine. Reste que dans ce flot d’informations reçues de l’administration des douanes ces dernières semaines, un phénomène inquiétant retient l’attention : le Maroc est de plus en plus la cible des trafiquants de drogues qui tendent à vouloir utiliser l’aéroport Mohammed V de Casablanca comme passoire. La multiplication des saisies de cocaïne en témoigne : rien que samedi dernier, il a été procédé à l'arrestation d'un ressortissant ghanéen âgé de 54 ans en possession de plus de 10 kilogrammes de cocaïne, alors qu'il débarquait d'un vol en provenance de Sao Paulo au Brésil. Ainsi, depuis début mars, plus de 133 kilogrammes de cocaïne ont été saisis à l’aéroport Mohammed V de Casablanca, la plupart sur des Subsahariens utilisés comme «mulets». Mais quelle quantité de drogue a pu passer entre les mailles du filet ? Nul ne le sait. L’heure est en tout cas à la vigilance, car l’Afrique est devenue depuis quelques années une plaque tournante du trafic de la poudre blanche. Pour preuve, début avril dernier, la police fédérale brésilienne a saisi 3,7 tonnes de cocaïne : la poudre blanche était destinée à l'Afrique, l'Europe et Cuba.
Par David William





