Industrie
Le rôle que joue l'industrie dans le développement économique d'un pays n'est pas à démontrer. Au Maroc, le secteur industriel se limite à une production à faible valeur ajoutée et est loin de jouer son rôle. Face à l'ouverture progressive des frontières, il devient impératif de s'orienter vers des productions à fort contenu technologique et à plus grande teneur en compétences intellectuelles.
Constat pas aussi amer, mais qui incite à réagir. Au Maroc, le secteur industriel continue de souffrir de plusieurs carences qui ne lui permettent pas de jouer le rôle qui est le sien. La situation est d'autant plus critique qu'il est appelé à faire face à une montée en puissance de la concurrence. Le Maroc ne pourra continuer à dépendre d'une agriculture liée aux aléas climatiques. Au contraire, avec l'ouverture progressive du Maroc au marché mondial ( accord de libre-échange avec l'UE, projet d'accord de libre-échange avec les USA, zone de libre-échange interarabe...), le Maroc est interpellé à asseoir son économie sur des bases solides composées, entre autres, par un secteur industriel à forte valeur ajoutée. En vue de mieux cerner le problème, la Direction de la Politique Économique Générale a élaboré une étude, en décortiquant deux indicateurs qui sont le coût de la main-d'œuvre au sein d'une entreprise industrielle et son comportement en matière de financement. Concernant le premier indicateur, les résultats montrent qu'après une baisse de 2,5% en 1985-1988, cet indice a affiché une hausse de 3,4% entre 1989-1996 résultant des augmentations salariales au cours de cette période. Toutefois, cette hausse a été atténuée à cause du fléchissement des frais salariaux pour n'atteindre que 1,1% au cours de la période 1998-2000. Le Maroc disposait ainsi d'un avantage compétitif par rapport aux pays partenaires et émergents, et ce au cours de la période 1985-88. Cet avantage est attribuable à la maîtrise de la masse salariale au cours de cette même période au moment où la productivité affichait une faible performance en comparaison avec celle enregistrée dans plusieurs pays. Ceci étant, et malgré la baisse du coût salarial enregistrée au cours de cette période, le Maroc a vu sa compétitivité-coût s'affaiblir au cours de la même période par rapport aux pays industrialisés, compte tenu de leur niveau élevé de productivité. Ce résultat pourrait être attribué à la main-d'œuvre non qualifiée au Maroc. Force est de constater qu'au Maroc, le nombre élevé de chômeurs reflète assez clairement que les profils mis à la disposition du marché de travail par le système éducatif ne s'adaptent pas aux besoins des entreprises. Donc afin d'améliorer la compétitivité du secteur industriel, le Maroc est interpellé à recourir à des industries à forte valeur ajoutée, et ce en employant une main-d'œuvre qualifiée. Des efforts devront être également déployés au niveau du système éducatif pour qu'il produise des compétences à même de rehausser le niveau de productivité. La lutte contre l'analphabétisation de la masse ouvrière s'avère aussi indispensable dans la conjoncture actuelle. Pour ce qui est de la deuxième variable, à savoir le recours au financement, l'étude fait ressortir que le mode de financement diffère d'une branche à l'autre. Des différences existent aussi selon les régions. Les entreprises implantées à Tanger ont plus tendance à réinvestir leurs propres bénéfices, comparativement à Nador qui affiche un taux d'autofinancement de 35,3%. Certes, le recours à l'autofinancement témoigne de la bonne santé d'une entreprise, mais cette pratique n'est pas générale. Il est à signaler que l'autofinancement joue également un rôle dans l'amélioration de la rentabilité financière et, partant, de la productivité. Un autre constat dégagé par l'étude est que la région de Tanger est la moins productive de l'ensemble des régions du Royaume. Ce constat paraît alarmant vu sa position géographique et sa vocation tournée à l'exportation. Au sein des autres régions, les productivités ne sont pas très différentes. Concernant la productivité par branches, il est à signaler que celles vouées à l'exportation, telles que le textile et le cuir, sont vulnérables. Ceci confirme les craintes des pouvoirs publics avec l'accroissement de la concurrence étrangère.
S. E.
Du 08-01-2004





