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Editoriaux

I have a dream

RFPar Rédaction FNH
|Publié le 4 Février 2016 à 13:54
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J’ai fait plein de rêves sympas cette semaine que je veux quand même par­tager avec vous. Je ne me souviens pas de tout, mais je vous en restitue, pêle-mêle, l’essentiel. Un jour :

J’ai fait plein de rêves sympas cette semaine que je veux quand même par­tager avec vous. Je ne me souviens pas de tout, mais je vous en restitue, pêle-mêle, l’essentiel. Un jour :

- J’ai interviewé le Roi Mohammed VI. C’était assez glorieux. Mais j’étais tendu comme un arc. Chaleureux, avenant, affable…, le monarque a pour­tant tout fait pour nous détendre. Ah oui !, petite précision : je n’étais pas seul. A côté, il y avait ma patronne. Qui de nous deux était le plus stressé ? Je ne saurai le dire. Avouez que c’est quelque chose que d’être assis en face du Souverain et de discuter avec lui ! Qui ne voudrait pas être à notre place ? D’ailleurs, ça, on l’a su plus tard, après la diffusion de l’interview. Nous avons fait des jaloux chez certains de nos confrères. Pourquoi eux ? Pourquoi donner un entretien à ce petit canard ? Et nous ? Bref, des propos d’aigris quoi. Mais, comme disent les Ivoiriens, «les jaloux vont maigrir».

- Les lanternes ont définitivement disparu du Maroc, même des contrées les plus reculées, laissant la place à la splendeur et à l’éclat… des lustres (sic !). Le Royaume brillait alors de mille feux sous la conduite (éclairée) d’une femme chef de gouvernement. La parité devint alors effective dans le gouvernement, les administrations publiques, les partis politiques… Et les machos avaient l’amère sensation d’avoir ingurgité un jus de chaussettes.

- L’hémicycle était plein à craquer. Bizarre, le Roi n’était pourtant pas là. C’était devenu comme ça à chaque séance parlementaire. Les députés se sont finalement rendu compte qu’ils devaient être au service de la collectivité et non l’inverse.

- J’ai entendu un homme politique promettre, lors d’une campagne électorale, qu’il ferait de la lutte contre la corruption son cheval de bataille. Au final, le Maroc a perdu 8 places dans l’indice de perception de la corruption publié en janvier 2016 par Transparency International, occupant la 88ème place sur 168 pays. Regardons le verre à moitié plein et disons que nous devançons quand même 80 pays. Et comme disait l’autre, «les pro­messes des hommes politiques n'engagent que ceux qui les reçoivent».

- J’ai vu des femmes se promener tranquillement dans la rue sans se faire interpeller vul­gairement, ni se faire agresser verbalement. Quelque chose de profond avait visiblement changé.

- J’ai vu un homme bastonner une femme en pleine rue, lui assénant des coups de poing et des coups de pied comme sur un punching ball, sous le regard passif… des voyeurs. Mais, ce jour-là, un passant s’est rebellé et s’en est pris à la brute. Un acte de «bravoure» relayé sur les réseaux sociaux. Et depuis, les choses ont changé, sonnant le glas de ce qui, dans la conscience collective, était une normalité.

- L’épicier du coin a cessé de promener son briquet allumé autour du tendeur pour détec­ter une éventuelle fuite de gaz. Quel soulagement !

- J’ai pu me balader dans certains quartiers de Casa sans me faire traiter de «azi». Le dernier petit morveux qui m’a tenu ce propos avait à peine 21 ans. Et dire que j’ai connu son pays avant lui, car je posais mes baluchons au Maroc qu’il n’était pas encore né.

- J’ai fait un scandale à Marjane parce que la caissière n’avait pas 10 centimes à me rendre. Exagéré ? C’est selon. En fait, j’ai procédé à un petit calcul rapide : le Groupe Marjane revendique plus de 55 millions de clients par an, et si la moitié (soit 27,5 millions) laisse 10 centimes à la caisse, ce sont au total 2,75 MDH par an donnés «fabor». Cela m’a énervé.

- J’ai passé toute une journée du mois de Ramadan sans voir des Marocains s’insulter à tue-tête pendant plusieurs minutes… pour ensuite faire la paix et se jeter dans les bras l’un de l’autre. Je n’en revenais pas.

- J’ai enfin pu passer une soirée à regarder nos chaînes TV nationales, sans avoir eu besoin de zapper sur TF1, M6… Enfin des débats utiles, intéressants et constructifs !

Bon, je sais que je ne suis pas Martin Luther King et que mes rêves n’ont rien de prémo­nitoire. Mais il faut espérer que nous vivrons assez longtemps pour voir certains change­ments s’opérer au Maroc.

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