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Fronde

RFPar Rédaction FNH
|Publié le 10 Mai 2012 à 06:49
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Les épargnants tirent la gueule. Les analystes sont «dépassés», voire impuissants. Les pouvoirs publics font la politique de l’autruche. Cela résume parfaitement ce qui se passe actuellement au sein du marché boursier.

Face à la baisse continue des cours et l’apathie qui gagne le marché, des voix s’élèvent. Celles des petits porteurs en particulier qui reportent leur frustration sur les analystes et leur imputent la responsabilité des pertes qu’ils enregistrent depuis plusieurs mois. Au motif que leurs analyses et recommandations, voire leur discours rassurant, dans ce contexte baissier, sont en parfaite inadéquation avec la réalité actuelle du marché boursier marocain. Mais les cris d’orfraie lancés actuellement par les épargnants ne peuvent être dissociés de l’histoire récente de la place casablancaise. Car ils s’abreuvent des nombreux scandales et des irrégularités qui ont émaillé la place (dont certains ont d’ailleurs été dénoncés par le dernier rapport de la Cour des comptes) et derrière lesquels, souvent, on trouve les sociétés de Bourse. Aujourd’hui, les épargnants ont de plus en plus l’impression de servir de cobayes à tous ces analystes dont l’indépendance et la crédibilité sont fortement remises en cause.


Néanmoins, dans un marché structuré, on ne peut évidemment faire l’impasse sur toutes ces notes de recherche censées orienter les investisseurs. Elles sont utiles. Pour autant, elles ne doivent pas être biaisées. Tout autant, investir sur le marché action rime avec gain ou perte probable. Et les investisseurs, particulièrement les spéculateurs, doivent intégrer cette notion. Si on ajoute à tout cela le peu de visibilité qu’offre l’environnement économique et le laxisme des autorités par rapport à ce qui se passe sur le marché, on peut aisément comprendre les frustrations des uns et l’impuissance des autres.

Aujourd’hui, outre les réformes à initier, il urge de définir de nouveaux rapports basés sur la confiance entre les investisseurs et les analystes. Une confiance tributaire de l’éthique et de la déontologie dont ces derniers doivent faire preuve. En dehors de toute considération mercantile.

Par Fatima Ouriaghli

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