Croisons les doigts !
On le sentait. Et on l'avait dit dans nos colonnes : la conjoncture internationale particulièrement incertaine risquait de jouer un bien mauvais tour au gouvernement.
Nos prévisions n'ont duré que… 20 jours. Car, aujourd'hui, les autorités ont compris que l'économie nationale prête le flanc à des facteurs exogènes qui ont des incidences fâcheuses sur le Budget et compromettent les hypothèses de la Loi de Finances 2011. La mesure est donc tombée : une rallonge de 15 milliards de dirhams supplémentaires à la Caisse de Compensation. Et pour cause. La hausse exorbitante des cours des matières premières commençait à inquiéter les plus optimistes et détournait les regards vers la Caisse… et son objectif de limiter son budget à 3% du PIB devant des prix qui continuent à s'envoler. D'aucuns disaient déjà que c'était une pure utopie. Le temps leur a donné raison.
Ces contraintes exogènes ont donc poussé le gouvernement à revoir sa copie, histoire de préserver le pouvoir d'achat des citoyens. Mais aussi d'apporter des réponses adéquates à la problématique de l'emploi dans le pays et d'initier diverses autres mesures à caractère social. Comme notamment l'élargissement de la couverture médicale avant la fin de cette année.
Toutefois, il est important de se demander si, effectivement, ce sera la dernière rallonge qu'aura à faire Abbas El Fassi. Nous ne sommes, en effet, qu'au tout début de cette année. Et à en croire les analystes, la tension sur les matières premières risque bien de continuer, eu égard notamment à l'appétit grandissant de la Chine qui impacte de manière significative les prix sur les marchés mondiaux. Face à l'incertitude, croisons les doigts !
Par Fatima Ouriaghli





