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Chronique africaine (suite et fin)

RFPar Rédaction FNH
|Publié le 29 Mars 2013 à 10:24
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Aujourd’hui, la conjoncture économique difficile a néanmoins imposé de sérieuses restrictions budgétaires aux Sénégalais. Par souci d’économie, les trois «barradas» ont été réduits à deux et, plus grave, la majorité des foyers ne peut plus assurer les trois repas quotidiens. Entre la cherté du coût de la vie et le chômage grandissant des jeunes, beaucoup de familles ont basculé dans la précarité. Le repas de midi a ainsi sauté, laissant la place à la débrouille. Une réalité, parmi d’autres, qui a contribué à l’éclatement de la cellule familiale. Car le déjeuner était aussi un moment de partage où tout le monde se retrouvait autour du chef de famille pour se «disputer» le bol de riz.

Pourtant, malgré leurs difficultés quotidiennes à joindre les deux bouts, les Sénégalais gardent une certaine joie de vivre en toute circonstance. Notre investisseur marocain pourra s’en rendre compte. S’il aime faire la java, il adorera en effet Dakar by night. Les gens se lamentent la journée, font la fête la nuit tombée. Boîtes de nuit, pubs, bars, restaurants, gargotes, casinos… grouillent de monde le soir. Dans ce pays à 95% musulman, il y a tout ce qu’il faut pour vous faire dépenser des sous, d’une manière ou d’une autre. Il ne devra pas s’étonner de voir, pendant qu’il se rend à son rendez-vous de 8H00, certains sortir d’un dancing. Car, la particularité à Dakar, c’est qu’on peut faire la fête tous les jours, 24 H / 24 H. La vie n’est vraiment difficile que lorsqu’on a les poches vides (sic).

Le dimanche, au lieu de s’ennuyer, il pourra aller à la découverte de la lutte (avec frappe) sénégalaise, appelée en wolof (langue la plus parlée au Sénégal) «lamb». Rien à voir avec la lutte gréco-romaine ou encore la lutte simple. Ce sont de gros gaillards de plus de 100 kilos qui se cognent dessus à mains nues, sans gants, sans protège-dents, dans une arène bondée. Comptant plus de 5.000 licenciés (dont un Espagnol du nom de Juan), sa popularité tant à supplanter celle du foot (normal, avec la médiocrité des résultats de l’équipe nationale) et elle reste une échelle sociale pour nombre de jeunes qui voient l’avenir d’un œil pessimiste. Il faut dire que, pour une poignée de lutteurs, ça rapporte gros : les plus cotés peuvent percevoir jusqu’à plus de 2 MDH pour un combat.

La popularité du «lamb» est telle qu’une presse spécialisée s’est développée autour et toutes les télévisions sénégalaises ont un, voire plusieurs programmes qui lui sont dédiés. En cela, l’une des singularités de la presse sénégalaise est qu’elle est majoritairement orientée vers trois sujets : le sport (la lutte et le football), les faits divers (détournements de fonds et affaires de mœurs) et la vie politique qui se nourrit de 130 partis qui veulent rallier à leur cause 12 millions d’âmes. C’est dire que les questions purement économiques sont en général peut traitées, sauf s’il s’agit d’évoquer le chômage des jeunes.

Voilà, j’espère avoir suffisamment ouvert les yeux aux investisseurs marocains qui ont l’ambition de s’installer au Sénégal. Et n’oubliez surtout pas de mettre dans vos valises ce proverbe africain : «Le borgne n'a qu'un oeil, mais il pleure quand même». Clair pour qui sait lire.



Par David William




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