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Editoriaux

C’est la cata !

RFPar Rédaction FNH
|Publié le 27 Novembre 2014 à 15:13
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Le Maroc compte ses morts. Le dernier bilan donné par le ministère de l’Intérieur fait état de 36 personnes décédées, dont 24 dans la seule province de Guelmim (200 km d’Agadir), suite aux précipitations exceptionnelles dans certaines régions du Royaume. Un bilan humain lourd, auquel il faudrait ajouter les dégâts matériels, mais aussi les nombreux dommages causés sur le cheptel et l’agriculture.

Forcément, on ne peut que s’émouvoir face à un tel drame qui, rappelons-le, est loin d’être le premier du genre auquel le Maroc fait face à cause des pluies abondantes. On se rappelle, à ce titre, les inondations qui ont eu lieu à Casablanca et dans plusieurs autres villes du Royaume en 2010.

Le paradoxe, c’est que le Maroc est un pays dont l’économie est essentiellement tributaire de l’agriculture. Quand il ne pleut pas, les opérateurs, économistes et autres politiques tirent la gueule car, indubitablement, la croissance du PIB s’en fera ressentir. S’il pleut trop, comme ce fut le cas en fin de semaine dernière, le Maroc n’échappe pas, malheureusement, à des calculs macabres.

Ce dernier constat nous renseigne sur une chose : les autorités sont plus dans la réactivité que dans la prévention des risques. On en a pour preuve la loi sur les catastrophes naturelles. Les dégâts causés par les précipitations sur le tissu économique nous rappellent toujours que, quelque part, au fond d’un tiroir, dort ce projet de loi. Tantôt on nous fait savoir que, dans sa mouture actuelle, il nécessite encore quelques corrections, tantôt on nous dit que les textes d’application sont en cours d’élaboration. Cela dure depuis plusieurs années.

Je le disais tantôt dans ces colonnes : pour un pays comme le Maroc, exposé de plus en plus à des phénomènes naturels, la couverture contre ce type de risques devient un impératif, pour ne pas dire une urgence. Une urgence que ne semble pas bien saisir les pouvoirs publics. Il faudrait, comme d’habitude, attendre que le pays soit exposé à une catastrophe naturelle d’envergure, avec des coûts économiques, voire humains importants, pour qu’on agite à nouveau, sous l’emprise de l’émotion, la nécessité de mettre en oeuvre ce projet de loi. Pour info, en 2013, le réassureur allemand, Munich Re, a recensé 880 catastrophes naturelles en 2013 qui ont fait 20.000 morts et coûté 125 milliards de dollars américains. Et d'après les Nations Unies, les pertes économiques dues aux catastrophes sont estimées à 2,5 trillions de dollars, alors que des millions de vies sont perturbées chaque année par les tremblements de terre, les inondations, les tempêtes, les sécheresses et autres désastres naturels.


A la décharge des autorités, consentons leur quand même le fait d’essayer de faire quelque chose en matière de gestion des risques : une stratégie nationale en la matière est en cours de préparation. Quand est-ce qu’elle va aboutir ? Nul ne le sait. Tout ce que l’on sait par contre, c’est que le Maroc a mis en place un fonds de prise en charge des risques doté de 2,5 milliards de DH. Ce fonds, qui profite à pas moins de 400 communes, pourrait, en cas de nécessité, être porté à 3,5 milliards de DH.


David William

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