Casablanca, terreau des violences ?
La métropole économique vient de vivre quelques semaines de terreur, résultat d’un laxisme des autorités, suscitant une psychose de ses populations au point que dans certains quartiers populaires, d’aucuns en sont venus à s’organiser en milices d’autodéfense !
Une marche de protestation a même été envisagée pour signifier la peur des habitants de la métropole et crier leur «ras-le-bol» devant l’attentisme des services de sécurité. Encore une fois, il a fallu que Sa Majesté le Roi monte au créneau personnellement et donne ses hautes instructions aux responsables de la sécurité pour que les fameux groupuscules - qui se réclament de cet étrange courant appelé «tcharmil» - soient identifiés et neutralisés. Encore une fois, c’est le Chef de l’Etat qui, de passage dans une ville qu’il affectionne, prend la réelle mesure de cette dérive sociétale et réagit afin que l’on y mette un terme. Enfin, la question se pose désormais avec insistance : au-delà de cette péripétie, et quand bien même le calme – relatif en réalité – reviendrait, le problème de la sécurité à Casablanca reste entier. Depuis des années, la violence, les agressions, les abus et l’incivisme sont devenus un phénomène quasi banalisé. Ils mettent à l’épreuve à la fois les autorités censées assurer l’ordre et la stabilité collective, et les populations de plus en plus terrorisées et désarmées.
Ce que la ville de Casablanca et ses habitants viennent de vivre, décrit comme un cauchemar par beaucoup, n’est apparemment que la face visible de l’immense iceberg des violences et des exactions. Chaque jour apporte son lot de mauvaises nouvelles, nourrissant une peur qui se répand comme une traînée de poudre. L’Etat est, de ce fait, gravement interpellé, placé devant ses responsabilités, pressé d’agir et, surtout, de mettre en oeuvre une politique sécuritaire vigilante et convaincante. Si les moyens en technologies et en ressources humaines lui font défaut, il restera sur la défensive, nargué, défié par des groupes qui épousent de plus en plus le profil d’implacables bandes mafieuses. Il y va de l’autorité de l’Etat, de l’image de marque d’une métropole qui investit sans cesse pour sa prospérité et son «vivre ensemble» chers aux politiques de la ville…





