Cafouillages
Le Maroc va-t-il procéder à la diminution des subventions de certains produits avant le Ramadan ? La question est posée. Vendredi dernier, Reuters publiait l’information selon laquelle «le gouvernement marocain va entamer dans les deux semaines à venir une diminution des subventions des produits de première nécessité». Le ministre chargé des Affaires générales et de la Gouvernance, Najib Boulif, aurait ainsi confié à l’agence de presse que «nous allons activer dans les deux prochaines semaines -avant le Ramadan- l'ajustement automatique des prix pour les produits énergétiques et le sucre, à l'exception du gaz de ville».Une information rapidement démentie par le ministre himself qui précise qu’il «n'a à aucun moment fait de déclaration au sujet d'une éventuelle diminution des subventions de certains produits», soulignant qu'«aucune décision n'a été encore prise quant à la date du début de l'indexation». D’ailleurs, dans une précédente déclaration, Boulif avait déjà assuré que le marché marocain des produits de base, y compris le gaz butane, ne connaîtra aucun problème d'approvisionnement, ni aucune augmentation de prix durant le mois de Ramadan. L’offre est deux fois supérieure à la demande pour ce qui est du sucre, de l'huile de table, du beurre et du gaz butane, et quatre fois supérieure pour les tomates en boite, avait-il fait savoir.
Mais, à l’évidence, il va falloir trancher… et vite, pour mettre fin à l’incertitude. Car, pour ainsi dire, le gouvernement marocain est entre le marteau et l’enclume. D’un côté, il subit la pression des bailleurs de fonds, particulièrement le Fonds monétaire international pour lequel le système actuel de subvention doit être impérativement réformé afin de soulager les finances publiques.
D’un autre côté, la compensation, malgré ce qu’elle coûte à l’Etat, a un rôle éminemment social qui contribue à préserver le pouvoir d’achat des Marocains. Et l’ajustement automatique des prix, surtout durant le Ramadan, mois de grande consommation, pourrait être très mal accueilli par une population déjà très partagée sur certains choix économiques du gouvernement de Benkirane.
Néanmoins, que ce soit maintenant ou après le Ramadan, il y aura bien indexation. Le gouvernement n’a pas le choix. Il faut remarquer, à ce titre, qu’à fin avril 2013, la situation des charges et ressources du Trésor a dégagé un déficit budgétaire de 18,6 milliards de dirhams contre 15,1 milliards un an auparavant. Mais le gouvernement est déterminé à alléger les frais de la compensation pour l'année 2013, pour être dans la limite de la fourchette fixée par la Loi de Finances, à savoir 40 ou 42 milliards de dirhams. Y parvenir nécessitera forcément des réaménagements.
En cela, il ne faudrait pas s’étonner, les jours à venir, de voir que le gouvernement ménage la chèvre et le chou : réduire les prix à la pompe à un moment où les cours du pétrole suivent un trend baissier et diminuer en parallèle la subvention de certains produits. Du donnant-donnant !
Par David William





