Cache cash
Plus de 11 millions de documents confidentiels issus du cabinet d’avocats panaméen, des informations sur 214.000 sociétés offshore, pas moins de 2,6 teraoctets de données….
Plus de 11 millions de documents confidentiels issus du cabinet d’avocats panaméen, des informations sur 214.000 sociétés offshore, pas moins de 2,6 teraoctets de données….Voilà à quoi se résument les «Panama papers», cette gigantesque machine financière mise en place pour dissimuler du cash aux origines parfois bien douteuses. Plus de 107 médias internationaux ont exploité les données fournies par un lanceur d’alerte anonyme, un genre de Jiminy Cricket de la finance, rattrapé par sa bonne conscience, ce qui a donné lieu à ce grand déballage. Même si les «Panama papers» sont loin d’avoir livré tous leurs secrets, plusieurs noms de chef d’Etats, d’hommes d’affaires, de politiques… ont déjà été révélés au grand public comme étant titulaires de comptes secrets. Légaux ou non ? L’avenir nous le dira.
Ce vaste système d’évasion et de fraude fiscales organisées montre à quel point le capitalisme mondialisé est pourri et met à nu, tant s’en faut, les dérives auxquelles prête le flanc la financiarisation outrancière de l’économie mondiale.
On en tire quand même, pour l’instant, un enseignement valable dans n’importe quel pays : le citoyen lambda, qui trime pour gagner quelques sous à la fin du mois, est le plus honnête des contribuables. Mais également le plus oppressé fiscalement. Il paye régulièrement ses impôts, mais s’émeut forcément de voir que la plupart des nantis, la convoitise et l’avidité en bandoulière, cherchent toujours à gagner davantage, quitte à enfreindre les lois en se soustrayant à leurs obligations envers le fisc de leur pays. En se comportant ainsi en délinquants financiers, ils font leur, sans aucune vergogne, l’assertion du poète latin Horace qui disait «Gagne d’abord de l’argent : la vertu vient après». Et ces gens, étonnamment, s’érigent souvent en donneurs de leçons et en défenseurs d’une certaine vertu dont ils ont une drôle de conception. Quand la fraude et la forfaiture sont le fait d’hommes qui sont aux premières loges pour prôner l’éthique, quand de telles pratiques sont le fait d’hommes censés incarner une certaine morale au regard de leur statut au sein de la collectivité, alors c’est que la société est en train de se déliter gravement.
Toutes choses égales par ailleurs, cela ne vous rappelle-t-il rien ? Moi, si. La dernière amnistie fiscale et de change initiée par le Maroc et qui a permis à beaucoup de fraudeurs de prendre le chemin de la repentance pour rapatrier tout le blé qu’ils avaient planqué à l’étranger. Y aurait-il encore, dans cette fameuse affaire des «Panama papers», des fraudeurs non encore connus qui ont fait du cache cash ? On le saura très certainement. Car, pour sûr, le Fisc marocain est à l’affût.





