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Editoriaux

Au-delà de l’euphorie !

RFPar Rédaction FNH
|Publié le 20 Décembre 2012 à 13:12
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Le gouvernement jubile. En l’espace de quelques semaines, il a réalisé deux «exploits» et reçu une bonne nouvelle. Il a d’abord pu obtenir l’ouverture d’une ligne de précaution et de liquidité (LPL) auprès du Fonds monétaire international.

Ensuite, la sortie du Trésor à l’international aura été une véritable réussite saluée tant par les observateurs nationaux qu’étrangers. Enfin, lundi dernier, l’équipe du FMI en mission au Maroc a donné une appréciation positive sur l’économie nationale, surtout en ces temps de crise. Tout cela rend donc Benkirane et son équipe forcément fiers. Mais bon, il faut savoir raison garder. Et rendre à César ce qui appartient à César. Car, si l’économie nationale est aujourd’hui assise sur des bases solides, c’est bien l’œuvre des précédents gouvernements qui ont eu à diriger le pays et qui, malgré les diatribes parfois acerbes qu’ils ont essuyées, ont veillé à la préservation des équilibres macroéconomiques. C’était leur mot d’ordre. L’obtention de la LPL et la réussite de l’emprunt obligataire à l’international sont donc la conséquence directe de «la solidité des fondamentaux économiques du Maroc et les politiques globalement saines qu'il a mises en œuvre», comme relevées par le FMI. En récoltant ces applaudissements nourris aujourd’hui, la majorité ne doit donc guère oublier que ce succès (en rapport avec les trois points précités) relatif s’est construit sur l’héritage que lui ont légué ses prédécesseurs. Car, s’il fallait strictement se limiter à sa gouvernance depuis un an, date à laquelle elle a commencé à gérer les affaires du Royaume, les propos seraient autres. D’ailleurs, les choix économiques du gouvernement, qui a eu la (mal)chance d’accéder au pouvoir en pleine période de crise, sont actuellement très décriés. Et ce, d’autant que certaines mesures adoptées dans le cadre de la Loi de Finances 2013 (www.financenews.press.ma) pour faire face au déficit budgétaire, sont qualifiées par certains économistes de «fantaisistes» et d’«irrationnelles».


Toutefois, n’enlevons pas à Benkirane et à ses ministres tout mérite. Ils ont quand même pris l’initiative, dans un bon timing, de tambouriner aux portes du FMI et de charmer les investisseurs étrangers. A ce niveau, ils ont bien joué le coup. Reste qu’il ne faut pas se laisser emporter par l’euphorie du moment. En effet, des dossiers chauds, très chauds, qui ont un gros impact sur les finances publiques, attendent d’être définitivement traités. Et les représentants du FMI les ont clairement évoqués. «La réforme du système de subventions est indispensable et urgente, car le système actuel obère les ressources budgétaires et constitue un moyen inefficace de soutien aux populations dans le besoin. La réforme du système de retraites est également urgente pour assurer sa pérennité et préserver la viabilité des finances publiques à moyen et long terme». Des mots transparents pour qui sait lire.


David william



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