Attentisme
Il ne faut peut-être pas se faire d’illusion. A moins d’un grand rebondissement, voire un miracle, la Bourse de Casablanca semble être partie pour clôturer l’année dans le rouge. Même s’ils ont terminé la journée du mardi dernier dans le vert, les deux indices flirtent toujours avec des performances négatives autour de -10%. Prenant ainsi à contre-pied certains analystes qui tablaient sur une tendance plus favorable en ce troisième trimestre. Pour l’instant en tout cas, rien ne milite pour un retournement de la tendance baissière. Les investisseurs sont dans un statu quo qui perdure depuis plusieurs mois. Et qu’attendent-ils donc ? Difficile de répondre à cette interrogation. Quoiqu’on peut avancer, sans risque de se tromper, que ce ne sont certainement pas les résultats des sociétés cotées au titre du premier semestre. D’autant qu’au moment où j’écrivais ces lignes, ils étaient pratiquement tous tombés. Avec, à la clé, une majorité qui a réalisé des résultats conformes aux prévisions. Et quelques déceptions… prévisibles, notamment du côté des sociétés cotées dont l’activité est fortement exposée à l’international.
Mais grosso modo, tout cela n’a pas bien impacté le marché. Car, et on ne le découvre pas, il y a toujours eu décalage entre les fondamentaux des sociétés cotées et l’évolution de leur cours.
Peut-être bien alors que les investisseurs sont, comme les politiciens, dans l’attente des prochaines échéances électorales. Mais que faut-il en espérer ? Car ce ne sera certainement pas le prochain gouvernement qui va prendre de sitôt des mesures qui vont révolutionner le marché au point d’influer notoirement sur la tendance de fond de la place. Au mieux, pourrait-il plaider pour une accélération des réformes préconisées et qui déambulent encore dans les couloirs de l’Administration.
Moi je crois plutôt que les investisseurs attendent des signaux forts de la part des pouvoirs publics : du papier neuf et de qualité, mais surtout la diversification des outils aux mains des intervenants du marché. On ne peut, à ce titre, s’empêcher de penser au marché à terme. Presque une décennie que l’on en parle. Presque une décennie que l’on nous dit «c’est presque prêt». On attend donc de voir le jour où il sera… à terme.
Car, si l’on a pris autant de temps pour le concevoir, il ne faudrait surtout pas que ce soit un flop. Un mort-né. Car des projets de ce genre, qui se sont soldés par un échec, les pouvoirs publics en ont dans leur besace. Les derniers en date : les différents plans d’épargne initiés. On se motive à croire que ça va finalement prendre en essayant de nier une réalité plus qu’évidente : ils n’accrochent pas dans leur forme actuelle. Revoir la formule afin de les rendre plus attrayants est l’option qui semble de plus en plus s’imposer. Il fallait peut-être y penser avant !
David William





