Attentes sociales
Comme partout ailleurs, les travailleurs marocains syndiqués ont paradé dans les artères des grandes villes du Royaume à l’occasion du 1er mai. Au rythme des slogans, et banderoles bien mises en orbites, ils ont pour la plupart vertement critiqué l’actuel gouvernement, non sans lui rappeler ses promesses sociales.
Rien d’étonnant. C’est de coutume. Sauf que la conjoncture économique actuelle, peu favorable à l’équipe dirigeante, leur a donné matière à ruminer.
Mais le chef du gouvernement, Abdelillah Benkirane, peut s’estimer «heureux». Pour son baptême de feu, il s’en sort plutôt bien, malgré les diatribes inévitables essuyées ici et là. Car, ailleurs, précisément en Europe, la commémoration de le Fête du travail avait une saveur bien particulière : celle de l’austérité. Si, en France, ce 1er mai avait une coloration politique très prononcée, avec en toile de fond le «vrai travail» soutenu par Nicolas Sarkozy qui lui a valu une véritable volée de bois vert de la part des syndicats, en Espagne, où le taux de chômage frôle les 25%, des dizaines milliers de personnes ont signifié leur ras-le-bol devant la multiplication des plans de rigueur du gouvernement de Mariano Rajoy.
Tout près, les voisins italiens, trempés également dans le bain de l’austérité, ont de plus en plus de mal à apprécier le bon goût des pizzas et des pâtes.
Autre endroit. Autres Manifestations. En Grèce, la virulence des propos des manifestants était à la hauteur des plans de rigueur drastiques imposés par les bailleurs de fonds au gouvernement de Lucas Papademos… C’est dire que ce 1er mai avait une tonalité particulière en Europe.
Et, au Maroc, si Benkirane a assisté à sa première Fête du travail en tant que Chef du gouvernement en toute sérénité, il a néanmoins pu mesurer l’ampleur des attentes sociales de la population. Des attentes légitimes et qui sont le corollaire de toutes les promesses électorales de son parti.
Par Fatima Ouriaghli





