Argent public
L’histoire récente du Maroc est jalonnée de scandales financiers. Pendant longtemps, certains dirigeants ont, avec une certaine couardise, pris l’argent public pour leur propriété, s’autorisant toutes les dérives. Plongeant, de fait, beaucoup d’établissements publics dans des cures d’austérité et d’assainissement interminables. Aux frais, bien évidemment, du contribuable.
Tôt ou tard pourtant, tous ces hauts commis de l’Etat qui ont abusé de leur statut pour se servir grassement et octroyer des faveurs indues à leurs proches ont vu dame Justice frapper à leur porte. Ils se rendent ainsi compte, avec étonnement, qu’ils ne sont pas au-dessus des lois et, comme tout citoyen, qu’ils sont justiciables.
Certains dirigeants, ou plutôt ex-dirigeants, du fond des geôles, ont pu s’en rendre compte. Et le cas le plus récent est celui de l’ex-DG de l’ONDA, Abdelhanine Benallou, accusé, entre autres, de malversations financières. Il est néanmoins présumé innocent… jusqu’à preuve du contraire.
Tous ces scandales qui ont eu lieu ces dernières années ont cependant en commun une chose : ils ont mis à nu les failles et limites des systèmes de contrôle, voire le laxisme de ceux qui étaient en charge de s’assurer du respect des règles élémentaires de gestion.
Il faut aujourd’hui que tout ce petit monde se rende compte que la gestion de la chose publique ne peut s’accommoder de l’amateurisme et de l’incompétence. Surtout, on ne peut dilapider les deniers publics impunément. Car la Justice s’abattra forcément sur tous ceux qui ont affiché du mépris pour l’argent public et trahi la confiance des citoyens et de ceux qui les ont portés à ces postes de responsabilité. Comme on le dit si bien en terre africaine, «à force de sucer, le moustique finit par se faire aplatir».
Par Fatima Ouriaghli





