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Efficacité énergétique: où en est le Maroc ?

Efficacité énergétique: où en est le Maroc ?

L’efficacité énergétique constitue l’un des axes prioritaires de la transition énergétique. Depuis 2009, elle a été hissée au rang de priorité nationale.

 

Par K. A.

Le Maroc connait, depuis plus d’une décennie, une situation énergétique marquée par une croissance soutenue de la demande énergétique. Cette situation a été couplée à une forte dépendance énergétique qui dépasse 90%, et une facture énergétique qui pèse lourdement sur les équilibres économiques et financiers de l’Etat. Pour faire face à ces défis, le Maroc a adopté en 2009 une stratégie énergétique basée principalement sur les énergies renouvelables et le développement de l’efficacité énergétique, et ce dans les différents secteurs d’activité dont le transport, le bâtiment, l’industrie, l’éclairage public, l’agriculture et la pêche maritime.

Objectif  : permettre au Royaume de réaliser 20% d’économie sur sa facture énergétique à l’horizon 2030 à travers une meilleure utilisation de l'énergie dans tous les domaines d'activité économique et sociale. Cette volonté a été traduite par la mise en œuvre de plans d'action à court terme, en entérinant le Plan national des actions prioritaires (PNAP) pour la période 2009-2013, dont l’objectif était d’assurer l’équilibre entre l’offre et la demande. En 2011, les projets et programmes d’efficacité énergétique prévus dans le cadre de la stratégie énergétique nationale ont été intégrés dans le cadre d’un projet de stratégie nationale dédié à l'efficacité énergétique.

Structuré autour de 7 priorités stratégiques réparties en 22 objectifs stratégiques, ce projet fera l’objet de contrats-programmes entre les départements concernés et l’Agence marocaine pour l’efficacité énergétique (AMEE). Il comprend des mesures à caractère horizontal et d’autres sectorielles touchant les activités les plus consommatrices d’énergie, notamment le transport (41%), l’industrie (21%), le bâtiment (33%) et l’agriculture et éclairage public (5%). Selon Saïd Mouline, Directeur général de l’AMEE, «cette orientation vise à agir au niveau de la production énergétique en développant le recours aux énergies renouvelables, et au niveau de la demande en instaurant l’efficacité énergétique, en assurant les mêmes besoins et en restant compétitif, notamment dans les secteurs les plus consommateurs d’énergie, à savoir le transport, l’industrie, le bâtiment, l’éclairage public et l’agriculture».

 

Ces secteurs au cœur des enjeux d’efficacité énergétique

Le secteur de l’agroalimentaire est le deuxième consommateur d’énergie après celui des matériaux de construction. Les autres principaux secteurs consommateurs d'énergie et dont le potentiel d’économie d’énergie reste important pour la compétitivité industrielle nationale sont principalement le secteur textile, la branche minière et celle liée à la transformation des métaux. En outre, le secteur du transport est un levier important de l’activité socioéconomique. Il consomme plus de 38% de l’énergie finale au Maroc et contribue à plus de 23% des émissions de gaz à effet de serre (GES). Aujourd’hui, le Royaume mène non seulement des projets liés aux énergies renouvelables, mais dispose d’une stratégie globale avec des objectifs à atteindre. «En 2009, nous avons fixé l’objectif d’atteindre 42% de capacité d’énergie renouvelable en 2020. Aujourd’hui, l’objectif est de 52% de capacité d’ici 2030. Nous pensons qu’il est possible d’atteindre l’objectif très ambitieux de 100%, car cela est devenu économiquement réalisable», a estimé le DG de l’AMEE. Le constat est simple : pour être durable, l’économie marocaine doit diminuer sa dépendance à l’énergie à l'heure où le conflit russo-ukrainien met sur le devant de la scène les enjeux d'indépendance et de transition énergétique.

 

Le Maroc et l’AIE signent un programme de travail
Le Maroc et l’Agence internationale de l’énergie (AIE) ont signé, en mars dernier à Paris, un nouveau programme de travail conjoint pour la période 2022-2023. En vertu de ce programme, les deux parties vont collaborer afin de réaliser des actions conjointes qui porteront essentiellement sur les données statistiques, la modélisation et l’accompagnement du programme de décarbonisation, l’appui au déploiement des énergies renouvelables et l’évaluation du potentiel hydrogène. Leur collaboration touchera également aux domaines de l’efficacité énergétique, à l’appui de la transition énergétique au niveau régional, au dialogue politique sur la sécurité énergétique et la résilience climatique.

 

 

 

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