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Economie bleue: les activités anthropiques mettent le littoral maritime marocain sous pression

Economie bleue: les activités anthropiques mettent le littoral maritime marocain sous pression

Le changement anthropique occasionné par l’homme est beaucoup plus important que l’effet du changement climatique. Une politique de gestion intégrée incluant tous les acteurs concernés dans la préservation des écosystèmes marins suit son cours, avec d’énormes avancées déjà constatées.

 

Par D. M.

Le littoral maritime marocain, joyau naturel d'une grande richesse écologique avec 3.500 km de côtes ouvert sur deux mers, la Méditerranée et l’Atlantique, est aujourd'hui confronté à des défis majeurs liés aux activités anthropologiques. Selon l’Unesco, 20% de la pollution marine proviennent des activités en mer et plus de 80% des activités terrestres, via les fleuves ou par ruissellement et déversement à partir des zones côtières.

Ces rejets sont liés à différentes activités autour de l’économie bleue, à savoir les activités sur le littoral, dont la pêche, l’aquaculture, et le tourisme; les stations d’épuration des eaux usées, les ports et les activités industrielles côtières. Mais aussi, elles sont dues à des activités agricoles, industrielles ou domestiques.

Selon le Programme d’études intitulé «Changement climatique  : impacts sur le Maroc et options d’adaptation globales», le changement anthropique occasionné par l’homme est beaucoup plus important que l’effet du changement climatique. «L’activité humaine provoque des érosions sur les littoraux dix fois plus rapidement dans le temps que celle provoquée par les éléments naturels mesurés en décennie, siècles et millénaires», déclare l’économiste Taoufiq Boudchiche.

 L’un des principaux problèmes est la surpêche qui menace la biodiversité marine le long des côtes marocaines. Les pratiques de pêche non durables, telles que la surpêche intensive et l'utilisation de techniques de pêche destructrices, épuisent les populations de poissons, mettant en péril l'équilibre des écosystèmes marins. Les instruments et les moyens utilisés en pêche limitent le stock des poissons et le potentiel des différentes ressources halieutiques. Les autorités marocaines s'efforcent d'appliquer des mesures de gestion durable de la pêche, dont le respect de la période du repos biologique pour protéger les ressources halieutiques.

S’agissant du tourisme, il contribue à la destruction du littoral par des activités anthropiques liées aux bâtiments et travaux publics et à la création des stations balnéaires. Des plages se réduisent peu à peu en raison de l’utilisation anarchique du sable pour la fabrication du béton utilisé dans les BTP. Selon un rapport de l’ONU publié en 2020 sur la consommation de sable dans le monde, au Maroc la moitié du sable exploité provient de l’extraction illégale le long des côtes, soit 5 millions de m3 par an.

Ces aménagements entrainent la destruction du couvert végétal, la construction de rangées de villas directement sur la dune, et l’implantation des équipements d’animation commerciale directement sur la plage, au risque de détruire l’attraction touristique principale que sont les plages. La plage des sables d'or au sud-ouest de Rabat ou l'attaque directe des constructions édifiées sur le haut des plages sur la baie de Tanger ou de Mohammédia, constituent d’autres exemples de dégradations difficilement réversibles. Parallèlement, l'urbanisation croissante le long du littoral constitue une menace sérieuse pour l'environnement marin.

La construction incontrôlée d'infrastructures côtières entraîne la destruction d'habitats naturels, tels que les mangroves et les zones humides, compromettant la stabilité des écosystèmes côtiers. Des réglementations strictes en matière d'aménagement du littoral sont nécessaires pour préserver ces zones sensibles. Les activités industrielles, notamment les déversements de substances polluantes, représentent une autre menace sérieuse.

Les hydrocarbures, les produits chimiques industriels et les déchets plastiques dégradent la qualité de l'eau et menacent la vie marine. Face à cette réalité, le gouvernement marocain ne reste pas passif. De nombreuses lois et réglementations encadrent le secteur et une politique de gestion intégrée incluant tous les acteurs concernés dans la préservation des écosystèmes marins suit son cours, avec d’énormes avancées déjà constatées, tant dans la sensibilisation que la gestion durable de cette richesse. 

 

 

 

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